Un congrès extraordinaire-ment banal …

PARTIS-PCF-FETE-HUMANITEVoilà donc le retour de l’ère de pré-congrès. Le texte de base commune proposé par la direction sortante est connu, les premiers commentaires fleurissent ici ou là, les camarades se positionnent favorablement ou non pour ce texte, d’autres promettent déjà une littérature alternative pour souligner les manquements et errances de ce texte officiel … Finalement et alors même qu’un congrès extraordinaire était annoncé au lendemain d’un score désastreux aux législatives, à un ralliement de dernière minute à la locomotive insoumise lors de la présidentielle, nous nous dirigeons tout droit vers les traditionnelles et, quelque part, désastreuses pratiques de congrès, celles qui nous enferment dans une forme d’immobilisme malsain.

J’ai tout juste débuté la lecture du texte de base commune. Je ne me positionnerai donc pas ici sur son contenu et sa ligne. Je sais néanmoins à quoi m’attendre même si un effort particulier dans l’introduction réaffirme au moins que notre objectif de communistes, ça n’était pas si évident que cela depuis un certain temps, est la lutte anticapitaliste. Je souligne ici l’enthousiasme, l’engagement et le travail colossal de la commission chargée de rédiger le texte sous la férule de notre camarade Guillaume Roubaud-Quaushie, jeune historien à l’esprit fécond, l’une des rares voix communistes qui méritent, ces derniers temps, une considération particulière.

Je tenais à écrire ces quelques lignes en ce dimanche matin brumeux pour dire et décrire cette boule dans l’estomac qui ne veut décidément pas cesser son office. Une boule dans l’estomac qui se nourrit du contraste entre les multiples formes d’engagements au local de notre parti, le travail difficile de rajeunissement qui s’opère ici ou là, et cette tambouille vieille comme la mutation qui ne cesse de faire amplifier la peur dans l’esprit des camarades à l’engagement sincère, d’un scénario à l’italienne, une liquidation toujours plus avancée, toujours plus sournoise et destructrice.

Les apparats cosmétiques de dernière minute, manœuvre de sauvetage d’une direction qui ne convainc plus personne ou presque, ne peuvent en rien se montrer rassurants. Désigner le jeune et brillant Ian Brossat comme chef de file pour les européennes ne peut pas nous faire oublier l’extrême faiblesse de notre discours et de notre positionnement sur ce qu’est l’Europe. A dire vrai, s’il fallait ne prendre en compte que cette question pour juger de mon avenir dans ce parti, il y a bien longtemps que j’aurais jeté l’éponge et tenté de militer autrement. Heureusement ce parti, notre parti, garde en lui du potentiel, des camarades de très grande valeur et puis, sans doute est-ce là un point extrêmement important, rien n’existe à sa périphérie qui pourrait me motiver à le quitter. Pas même les groupuscules qui se veulent ou du moins se pensent plus révolutionnaires que nous, encore moins l’armada insoumise où il y a à boire et à manger à l’exception d’un semblant de commencement de socialisme, le vrai, pas le bagage vide mitterrandien.

Le parti communiste reste une boussole, c’est ainsi, et lorsqu’il mène ce week end ce rassemblement à Paris autour de ses 5 parlementaires des Hauts-de-France, pour remettre au gouvernement un manifeste riche de 10 grandes propositions pour l’emploi, les salaires, la santé, l’industrie, les transports ou le devenir des agriculteurs, il fait la démonstration de son ancrage dans le réel et de son extrême utilité. C’est la même chose dans de très nombreuses municipalités à direction communiste où des politiques publiques audacieuses et originales se mettent en place notamment dans les domaines culturel, sportif ou tout ce qui concerne les politiques à destination de l’enfance et de la jeunesse.

Pour autant, si beaucoup d’élus font le travail admirablement avec les moyens mis à leur disposition, le parti lui-même est en difficulté. On le voit, on le sait. C’est de plus en plus difficile de réunir les camarades, de tenir le plan de travail, de mobiliser sur telle ou telle campagne. J’y vois deux raisons essentielles. La première, le vieillissement de nos troupes. Même si je le soulignais plus haut, de jeunes cadres gagnent en responsabilité ces dernières années, nous avons de grandes difficultés à renouveler nos troupes. Nos camarades vieillissent et ne peuvent plus se mobiliser autant qu’auparavant. C’est normal et compréhensible et on ne pourra jamais suffisamment les remercier pour tout ce qu’ils ont pu faire. Nos assemblées générales sont pourtant d’une criante révélation. Les rangs sont parsemés de têtes blanches. La seconde raison, c’est bien évidemment l’absence de dynamique nationale du parti. Si nous pouvions clairement identifier une ligne, des batailles, une impulsion nationale nous pourrions sans doute convaincre localement de l’utilité de nous rejoindre. Comment le faire aujourd’hui ? Notre communication est inopérante et même osons le dire, inepte, notre direction est contestée, mole, tâtonne et n’est pas fichue de développer un langage clair, de combat et de rassemblement populaire. Ça n’est certainement pas en mettant des « e » partout que nous allons mieux promouvoir le besoin de clarté, parenthèse close.

Ainsi, sans doute n’aurait-il pas fallu d’un texte de base commune pondu en vase clos et validé par une direction mainte fois décriée par sa base. Sans doute une autre méthodologie aurait été préférable pour véritablement se donner les moyens d’un congrès qui ne serait pas extraordinaire que dans sa promesse. Je dois ici confesser ma résignation pour ce congrès. C’est à mes yeux terrible que de le dire et encore plus de le penser. Il fût un temps où le texte de base commune serait intégralement lu depuis longtemps, où j’aurais commencé les échanges avec des tas de camarades, où j’aurais fait en sorte d’attirer l’attention des camarades sur l’importance de se mêler du congrès, de ses enjeux. Je n’en ai pour l’heure pas la force, pas même l’envie. J’enrage et accuse notre direction, seule responsable aujourd’hui de cet état d’esprit, de cette aigreur incompatible avec ce qui devrait être notre posture. Les jours heureux, l’homme nouveau, le progrès commun … C’est le seul et unique chemin, le reste n’est que foutaise et piteuse justification du renoncement.

G.S

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Mon discours lors de l’inauguration des boîtes à livres avionnaises

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Monsieur le maire,

Mesdames, messieurs les élus,

Mesdames, messieurs

Chers amis,

Ça n’est pas sans une certaine fierté, je dirais même une immense fierté, que nous inaugurons aujourd’hui nos boîtes à livres. Des boîtes à livres qui sont l’incarnation de bien des choses dans notre esprit.

D’abord je dirais, une conception de l’engagement pour la culture. En effet, la ville d’Avion, de par son histoire et l’engagement de ses élus , œuvre depuis longtemps pour que la culture ne soit pas le monopole de ceux qui, socialement, seraient prédestinés à pouvoir y accéder. La culture, nous l’imaginons comme une richesse, comme un chemin vers l’émancipation, et à ce titre, nous avons voulu qu’elle puisse être accessible à tous.

Alors que nous venons cette année de souffler la vingtième bougie de notre espace culturel Jean Ferrat, que nous sommes dotés d’une magnifique médiathèque où l’on dénombre 55 000 prêts de livres à l’année, que nous maintenons l’effort financier pour faire vivre notre cinéma municipal, qu’ici à Avion il est possible d’apprendre la musique, la danse, de pratiquer les arts plastiques, que nous venons de mettre en place le pass’culture qui permet aux jeunes avionnais de 16 à 19 ans de venir aux spectacles ou de se rendre dans notre cinéma pour un tarif unique de deux euros, que de l’élémentaire au lycée nous proposons chaque année deux spectacles, adaptés par niveau, nous avons voulu imaginer de nouvelles formes d’engagement.

De nouvelles formes d’engagement qui conjuguent cette bataille pour une culture universelle, exigeante, accessible, avec l’idée du partage, une idée fortement ancrée ici dans nos cités. C’est là l’essence même de ces boîtes à livres, se partager les livres comme on se passe le relais dans une course, de main en main pour faire sens, pour s’élever collectivement, pour triompher de l’adversité.

Car oui, nous le savons, ce territoire souffre, gangrené par la pauvreté. Une pauvreté économique bien sur, et malheureusement, par voie de conséquence, une pauvreté culturelle. L’accès à la culture est une bataille dans notre région.

C’est à ce titre que de nombreuses villes du bassin minier dans les années 80 et 90 ont construit des salles de spectacles, des médiathèques, des espaces de création, des écoles de musique et j’en passe. Nous sommes aujourd’hui extrêmement bien dotés en terme d’infrastructures culturelles, il suffit de voir ici à Avion à quel point, pour une ville de 18 000 habitants, nous sommes à la pointe dans ce domaine.

Pourtant, quelques années après, avec l’expérience et la pratique, nous nous sommes rendus compte que cela ne suffisait pas. L’effort était nécessaire mais il est insuffisant. Il y a un tel éloignement de nos populations par rapport à l’Art, à la création, aux livres ou au théâtre, que la proximité géographique seule des structures culturelles ne permet pas de résoudre l’équation.

Alors il a fallu se creuser les méninges et inventer des formes d’engagement pour la culture comme je les appelle.

C’est par exemple, inviter des artistes en résidence dans les quartiers, ce qui permet l’écriture d’un livre sur le thème de la colère, de la révolte et présenté lors de l’incontournable salon du livre et de la critique sociale d’Arras le premier mai dernier, où cette expérience exceptionnelle sur le quartier de la République il y a quelques années lorsqu’en partenariat avec Culture Commune et l’artiste Christophe Moyer, des habitants ont mis en scène leur quotidien pour une dizaine de représentations à guichet fermé.

C’est le pari de la gratuité à la médiathèque pour les moins de18 ans, un pari me semble t-il gagnant. C’est l’annexe Miss Robin et ses multiples activités d’éveil à la lecture, ses nombreuses expositions ludiques toute l’année. C’est la mise en place d’un orchestre jeune au sein de notre harmonie municipale, un orchestre talentueux et prometteur qui a permis à de nombreux jeunes d’accéder à la musique d’orchestre et de se produire en concert devant un large public.

C’est aujourd’hui ce nouvel outil, cette boîte à livres en cœur de quartier pour un échange direct entre habitants, entre citoyens.

Je souhaite de tout cœur, un immense succès à ce nouveau dispositif mais m’a t-on dit, à peine installées ici même, au quartier des cheminots, à la cité du 7 et en façade du centre culturel Fernand Léger, des premières petites mains curieuses déposaient déjà des livres et s’en saisissaient d’autres. Voilà qui semble prometteur ! Par ailleurs, je reçois depuis hier des messages sur facebook pour me demander comment et où déposer les livres pour alimenter les boîtes. Je n’avais pas de doute sur le fait que les avionnais se laisseraient prendre au jeu et s’approprieraient très vite l’outil.

J’ai quelques remerciements à adresser et il ne s’agit pas ici d’un exercice formel, d’une courbette de circonstance.

Je veux adresser un merci franc et sincère à mes collègues élus, ceux de la commission culture d’abord avec qui nous avons échangé les premiers sur ce projet, et tout particulièrement d’ailleurs l’inénarrable Patrick Bleitrach, qui est allé jusqu’à contacter la mairie de Rouen pour se renseigner sur le processus. Patrick dès le début du mandat a été un avocat déterminé pour la cause, les collègues de la commission pourraient en témoigner. Un merci franc et massif aux élus de l’exécutif municipal, à toi Jean-Marc, pour ta confiance et ton soutien.

Je l’ai dit, ce projet, je le dis sans pudeur, il est une fierté pour moi et avoir le soutien de l’équipe municipale pour pouvoir le réaliser, c’est un luxe, un confort que je mesure. Merci à vous tous.

Un merci à ma formidable directrice, Nathalie Delattre qui, dès que les grandes lignes étaient tracées, à imaginer quelque chose de bien plus fort, de bien plus large que mes attentes premières. Elle a imaginé plusieurs étapes dans le projet, d’abord avec nos écoles primaires où les enfants ont construit leurs propres boîtes à livres personnalisées, en liant le projet avec un autre projet totalement original de grainotèque, ce qui nous a valu une subvention exceptionnelle de la Fondation de France, en organisant des réunions de travail avec les associations de quartier pour réfléchir ensemble aux lieux d’implantation les plus pertinents. Merci pour ton implication, pour ton sérieux et ton professionnalisme, pour la passion que tu as mis dans ce projet.

Un merci à nos services techniques pour la qualité de ces boîtes à livres. J’ai eu la primeur de les découvrir dans nos ateliers municipaux il y a quelques semaines et je dois vous dire mon agréable étonnement. C’est du fait maison de bout en bout et le résultat, vous pouvez le constater comme moi, est impressionnant. Du choix du bois utilisé à la méticulosité dans la conception, nous faisons face à un véritable travail de pro. A l’image de ce jardin public, de ce kiosque rénové en régie, nos services font encore une fois la démonstration de leur talent. Mille mercis !

Un merci à nos écoles, à nos enfants, à nos associations pour leur partenariat dans le projet comme je le disais à l’instant. Tous ont participé à cet élan pour une culture toujours plus partagée, toujours plus solidaire. Et enfin merci aux avionnaises et aux avionnais qui aujourd’hui et demain sauront, je le sais, faire vivre ces boîtes à livres de la plus belle des manières.

Il faut savoir conclure alors je conclus. La ville d’Avion est une ville jeune, sportive, solidaire, révolutionnaire à bien des égards. Mais n’oublions pas de dire que la ville d’Avion est aussi une ville culturelle, une ville où la culture ne se dissocie pas de sa petite sœur, l’éducation populaire.

Dans les pas de Vilar, nous voulons casser le mythe d’une culture réservée aux initiés, d’une culture confidentielle et élitiste. La culture doit pouvoir s’inviter partout et tout le temps. C’est encore une fois une modeste contribution dans ce sens que ces boîtes à livres dans nos quartiers. Alors que la crise sabote nos systèmes de valeurs et de croyances, il est temps de créer du sens, du vivre ensemble, une communion de rires, de révolte, d’émotion. Edgar Morin a dit « la culture c’est ce qui relie les savoirs et les féconde ». C’est là la lettre et l’esprit de ce pourquoi nous sommes réunis en cet après-midi de mai. Je vous remercie

G.S

Mon discours d’ouverture pour le débat « Culture et Citoyenneté » dans le cadre du festival « Les utopistes debout ! »

29511184_10215673301176225_624720699117458651_nChers élus, chers collègues

Chers artistes, programmateurs, producteurs, metteurs en scène

Chers amoureux des arts, des lettres, du spectacle vivant,

Chers militants de la culture et de l’éducation populaire,

Chers amis,

« Quoi qu’on décide finalement sur Brecht, il faut du moins marquer l’accord de sa pensée avec les grands thèmes progressistes de notre époque : à savoir que les maux des hommes sont entre les mains des hommes eux-mêmes, c’est-à-dire que le monde est maniable; que l’art peut et doit intervenir dans l’histoire; qu’il doit aujourd’hui concourir aux mêmes tâches que les sciences, dont il est solidaire; qu’il nous faut désormais un art de l’explication, et non plus seulement un art de l’expression; que le théâtre doit aider résolument l’histoire en en dévoilant le procès; que les techniques de la scène sont elles-mêmes engagées; qu’enfin, il n’y a pas une « essence » de l’art éternel, mais que chaque société doit inventer l’art qui l’accouchera au mieux de sa propre délivrance ».

Voilà ce qu’écrivait Roland Barthes en 1964 dans Essais Critiques sur le théâtre de Brecht. Un art de l’explication, un art qui dévoile l’histoire, un art qui permet à une société d’accoucher de sa propre délivrance. Je ne pourrais pas mieux formuler la vision qui est la mienne, de l’art, du théâtre. L’art ne doit résolument pas être subversif pour lui-même, il doit l’être pour une société traversée par la domination, par l’aliénation, par le souffle puissant des habitus, de l’ordre social, colonne vertébral du système global qui nous entraîne toutes et tous irrésistiblement, le capitalisme, n’ayons pas peur de le nommer. C’est le postulat de départ. C’est en tout cas sur cette base que nous travaillons ici dans ce lieu avec Michel.

Ici, sur ce territoire si singulier où la misère n’est pas simplement économique et sociale, elle est aussi intellectuelle. Vous l’aurez compris d’entrée de jeu je crois, dans ma bouche, dire cela n’est pas du mépris de classe bien au contraire. Le fils d’ouvrier, le petit fils de mineur immigré ne pourrait jamais trahir les siens, trahir sa classe. C’est le même constat lucide que celui que formule Edouard Louis dans ses romans lorsqu’il évoque son milieu d’origine.

L’histoire de ce territoire, de sa population, c’est une histoire terrible de dépossession. Ici, la plupart des hommes et des femmes ont été dépossédés de tout : du travail, du respect, de leur dignité, de leurs mots, de leurs identités même. De la culture aussi, évidemment. Ah il y a des équipements fabuleux, des lignes budgétaires dégagées ici ou là mais pourquoi, pour qui ? Le Louvre à Lens qui se dresse au milieu des corons comme une violence symbolique au milieu d’un texte de Bourdieu. On le regarde ici avec curiosité certes, mais avec peur et ce sentiment que ce lieu ne nous appartient pas. Que la culture ne nous appartient pas.

Ces mots, les miens, peuvent paraître terriblement violents. Après tout, je suis un élu, un politique, avec un mandat à la culture. Je me demandais comment entamer mon propos. J’aurais pu vous brosser l’historique de ce lieu comme on le fait traditionnellement, vous souhaiter la bienvenue avec douceur et sourire. Je crois que nous n’en sommes malheureusement plus au temps des politesses. Lundi soir nous serons sans doute nombreux à nous revoir à la Verrière, symbole d’une époque. Celle où des lieux, des compagnies, des militants engagés pour combattre cette dépossession sont désarmés petit à petit, dans une entreprise politique savamment orchestrée.

Car, ne nous y trompons pas, chers amis, tous les mauvais coups que nous essuyons depuis des années, les réformes en cours du lycée, du bac, de l’université, tout cela est pensé. Le savoir, on ne le dira jamais assez, est l’arme ultime comme l’est le rire dans ce célèbre roman de Umberto Eco. Ce savoir, dans le fond, il est terriblement dangereux pour l’ordre établi. Celles et ceux que nous combattons mais qui ont le pouvoir le savent. Quel pire ennemi que l’éducation populaire pour les penseurs de la bourgeoisie ? Une hérésie même. Le savoir est noble, il se mérite à leurs yeux. Voilà la vérité.

Alors pourquoi continuer à soutenir des actions, des structures, des acteurs qui tentent, armés de leur seul courage, de rendre cela possible ? Nous avons accueilli la semaine dernière Franck Lepage dans ce lieu pour une longue mais passionnante conférence gesticulée sur le thème de l’éducation. Il le disait fort bien. Outre les opportunités économiques à créer avec une privatisation accrue de l’enseignement dans notre pays, il y a un travail assumé d’ostracisation des couches populaires notamment dans l’enseignement supérieur. Que dire en ce qui concerne les lieux de culture ?

Il y aura donc une bataille décisive à mener sur la question de l’éducation bien sur, dans des proportions qu’il faudra inédites, mais pour ce qui nous concerne, nous avons nous aussi un aggiornamento à assurer. Dans cette salle je le sais, il y a beaucoup de têtes dures, de militants qui malgré les difficultés ne désertent pas le combat. Malgré tout, sommes nous à la hauteur des enjeux ? Nous sommes nous donnés les moyens de véritablement résister, agir, penser l’alternative, faire advenir cet art de la délivrance comme le formulait Barthes ? Se poser cette question, vouloir y répondre avec honnêteté, avec lucidité, c’est déjà drôlement révolutionnaire il me semble.

C’est le sens que je nous imagine pouvoir donner à cette journée, à ce rendez-vous. Ce rendez-vous, il fait suite aux deux journées que nous avons organisé ici même et chez nos amis de Douchy les Mines. Nous les avions intitulées « Assises de la culture et de l’éducation populaire ». Une centaine d’acteurs culturels de la région avait répondu présents au rendez-vous en plein contexte de lutte des intermittents. Les discussions avaient été riches, passionnantes même, mais comme à chaque fois, nous avions buté sur la question des perspectives. Les constats nous les avons mené activement, les possibilités d’alternatives par contre, nous ont laissé sur notre faim.

Puis il y a eu lors des élections régionales les assises de la culture organisées par le Syndeac avec la publication d’un livre blanc. Des organismes comme le Synavie ont aussi été actifs notamment sur la question essentielle des droits culturels. Ici où là se mènent des initiatives mais il nous manque une ambition partagée, d’envergure, une dynamique collective capable d’influer concrètement et fortement sur les politiques culturelles de la région. La fameuse et cruciale question des perspectives. Excusez cette obsession mais pour le marxiste que je suis, elle est à mes yeux une priorité.

Alors chers amis, je nous souhaite de réussir ensemble à dépasser le stade du constat, à réussir à imaginer des outils pertinents de lutte et d’alternative. Nous avons la chance d’ailleurs d’avoir avec nous aujourd’hui des voisins normands qui ont élaboré une charte dans laquelle nous serions nombreux à pouvoir nous reconnaître sans hésitation. L’occasion leur est donnée cet après-midi de nous faire part de leur expérience et du sens de cette charte. Une piste parmi d’autres à explorer ensemble.

Culture et citoyenneté, qui fait l’un, qui fait l’autre, dans quel but ? Voilà donc le vaste programme qui nous attend cet après-midi. Je vous ai proposé une première piste de réflexion avec cette magnifique affirmation de Barthes. Discutons, échangeons, créons. N’est-ce pas ce que nous savons d’ailleurs faire le mieux toutes et tous.

Un dernier mot pour chaleureusement remercier toutes celles et tous ceux qui ont rendu cette journée possible. Aux amis de Hauts-de-France en scène, à toute mon équipe du service culturel de la ville d’Avion, aux compagnons de route de longue date qui ont aidé à faire connaître cet événement et qui sont présents dans la salle, à Michel, programmateur certes mais chef d’orchestre à ces heures lorsqu’il s’agit de planifier le temps politique. Merci à toutes et à tous pour votre présence et comme le disait si bien le grand Vilar « il s’agit donc de faire une société, après quoi nous ferons peut-être du bon théâtre ».

 

G.S

Une révolution nouvelle ivre d’un monde nouveau

Jeunes-Communistes-centenaire-revolution-1917Lorsque l’on écrit de plus ou moins longs papiers sur nos blogs, nous les militants politiques, nous partons à la chasse de tas d’informations, de chiffres, de citations et nous tentons d’en faire une synthèse la moins bavarde mais la plus complète possible. Par soucis de convaincre, on cherche à vouloir tout dire, tout démontrer, se donner les moyens d’un exposé rigoureux susceptible d’être pris au sérieux. Après tout, remettre en cause la pensée dominante, ses litanies obsessionnelles, cela demande d’y mettre les formes. Cette pensée dominante passe par tous les canaux de l’information, télévisuelle, radiophonique, artistique, littéraire … On se sent un peu démunis face à un tel déferlement. On s’imagine combattre une armée avec une simple fronde. Le petit blogueur que je suis, parfait rêveur, amoureux des lettres, s’imagine pouvoir se dresser en héros face à la marche forcée du monde.

Cette fois-ci, je ne vous donnerai pas de chiffres, je ne ferai pas de digressions, je ne parlerai ni de Marx, ni de Lénine, ni de Gramsci, ni de Bourdieu, ni de personne. Je veux simplement vous parler avec simplicité, à cœur ouvert.

Je ne fais pas partie des gens qui se découragent. Je ne suis pas de ceux qui gobent le discours officiel, celui qui ne dit pas un mot sur les multiples petites luttes en action dans l’hexagone, celui qui évoque le soleil étincelant et le chant mélodieux du coq en Macronie. Je vis, je travaille sur un territoire où même si demain il pleuvait des paillettes et des roses, la misère resterait toujours aussi grise. Ici c’est Germinal en vrai. Le soleil n’ose même plus pointer le bout de son nez comme le titrait désolé ce matin le quotidien la Voix du Nord. Record battu de non ensoleillement. Record battu pour le chômage aussi, pour la désertification médicale, pour le manque de services publics, pour la pollution, pour le nombre de bénéficiaires des centres d’aide sociale, du Secours Populaire. Il faut réussir à se lever tous les matins pour ensuite affronter cette réalité.

Je ne suis pas de ceux à plaindre, je vis confortablement. Cette misère je ne fais que la voir, la côtoyer de par mon travail et mon mandat d’élu local. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai crié avec les loups au départ quand j’ai vu ces émeutes dans les hypermarchés pour acheter cette saloperie de Nutella. Vendu à prix coûtant, donc sans perte pour le distributeur, des centaines de personnes se sont ruées dans les magasins pour essayer d’acheter un pot de pâte à tartiner pour leurs gosses. Moi, j’achète une pâte à tartiner bio, sans huile de palme, respectueuse de l’environnement … Facile de pouvoir juger dans ces conditions. J’ai fini par prendre un peu de recul et me suis dit, mais mon jeune ami, tu ne comprends rien de rien. C’est l’étendue de la misère de toutes ces familles qui nous saute à la figure en réalité dans cette affaire. La misère intellectuelle d’abord et il faut savoir l’admettre, par ce comportement de consommation totalement dingue. Un symptôme de l’hégémonie culturelle qui se rattache au capitalisme de notre temps appuyant là où ça fait mal. Le désir. Désirer pour le philosophe, c’est vouloir quelque chose qui ne sera plus désirable une fois l’avoir obtenu. On finira par désirer autre chose. Le démon capitaliste a créé la publicité, le sucre, les iphones, la pulsion consommatrice. La misère économique ensuite. C’était le spectacle des placards vides, des frigidaires sans âme. Pouvoir acheter le « Saint Graal » du goûter pour ses gosses quand on a presque rien à mettre dans les assiettes, c’est une aubaine rare. La voilà la véritable morale de cette histoire. Honte à ces salopards de distributeurs qui ont réitéré la chose quelques jours plus tard avec des couches pour bébés. Le visage du macronisme triomphant, c’est celui-là ne nous y trompons pas.

Et puis il y a eu la mobilisation des retraités contre la hausse de la CSG. Il y a eu de belles et unitaires actions pour s’opposer à la privatisation rampante des offices HLM, à la baisse des APL. Il y a eu un mouvement de fond dans les ehpad, du jamais vu jusque là ! Il y a les premiers blocages dans les lycées, des AG qui rassemblent quelques 200 étudiants dans les universités pour s’opposer à la mise en place de la sélection à l’entrée des universités. Il y a une montée en puissance de la grogne dans les hôpitaux, chez les élus locaux. La France belle et rebelle, attachée à son modèle social, à ses communes, à ses services publics se réveille chaque jour un peu plus. Malgré les pluies de sondages bidouillés, l’anesthésie télévisuelle, le silence des artistes subventionnés, le refrain d’un monde unique contre lequel on ne peut rien, des têtes dures se font de plus en plus nombreuses.

Nous rêvons tous d’un cinquantenaire héroïque des événements de 68, comme si un cycle s’achevait et qu’il fallait rallumer une nouvelle mèche pouvant faire sauter le vieux monde. Combien sommes-nous à l’espérer fébrilement sans encore oser le dire ? Depuis longtemps la France n’aime pas les riches et à juste titre. S’il y a des riches, c’est qu’il y a des pauvres. Des siècles d’une pensée universaliste née avec les Lumières, une succession de révolutions certes avortées mais qui ont bousculé le monde, un parti communiste d’après-guerre qui crée avec la CGT la Sécurité Sociale et la fonction publique, et voilà que dans notre ADN national, il existe un gêne insensible à la fable libérale. Le mythe anglo-saxon du self made man ne prend pas dans nos esprits gaullois, c’est comme ça. Macron et sa bande font en sorte de taper vite et fort dans l’espoir de nous l’enfoncer dans le crâne mais comme je l’écrivais plus haut, ça se débat tout en bas.

Ca se débat tout en bas et ça cherche à créer des ponts, à se rassembler. Trop de batailles ont été perdues du fait de la dispersion, d’un corporatisme abscons, de la division idiote. Pour pouvoir résister au rouleau compresseur gouvernemental, on prend la mesure de l’intérêt vital de se serrer les coudes. L’assaut du moment est trop dangereux pour pouvoir prendre le risque de faire les éternelles mêmes erreurs. C’est en cela que je suis optimiste. Ne me prenez cependant pas pour un esprit naïf. Tout cela est encore bien timide et l’ennemi en face a encore de nombreuses munitions en réserve même s’il démontre un peu vite ses craintes. Le choix du tout répressif, de la circulaire Collomb, des ordonnances, d’un calendrier serré, tout cela fait la démonstration que le jupitérien Macron sait pouvoir être détrôné de son Olympe.

Pour se faire, il va falloir de l’organisation, du contenu, des perspectives. C’est assurément ce qui nous fait cruellement défaut. Aucune de nos organisations n’est à la hauteur de l’enjeu. Au contraire, un crétinisme fulgurant condamne à la mort subite celles et ceux qui doivent incarner notre camp. Personne, ni tribun, ni organisation n’est en mesure de mener le travail de résistance et de fédération dont nous avons besoin. Peut-être est-ce l’heure de l’avènement d’une nouvelle génération que je sais pour une part déterminée, en soif d’une radicalité retrouvée. Peut-être que cette génération qui nous a conduit face à l’océan déchaîné sans pouvoir l’ouvrir en deux devrait pouvoir laisser un peu de place aux suivants, se retirer sans trop faire de bruit, tête baissée. C’est pour cela que je regarde avec espoir et envie ce qui se passe dans les lycées et universités. J’espère voir percer dans la brume, la lumineuse flamme d’une révolution nouvelle, celle qui fera chavirer sans retenue le vieux monde à l’agonie.

G.S

Le PCF et son congrès : et si nous vivions ensemble une épopée héroïque ?

mcdonalds-2227657_960_720Cela fait maintenant douze ans que je milite au Parti Communiste Français après avoir fait mes armes au Mouvement Jeunes Communistes de France. Issu d’un territoire complexe, totalement abandonné par la force publique, dans un état de précarité et de misère très avancé, j’ai maintenant l’intime conviction, par l’expérience de mon militantisme quotidien, par les lectures et échanges que je peux avoir avec d’anciens ou contemporains acteurs – intellectuels et militants – du mouvement communiste et révolutionnaire, l’idée que le socialisme est non seulement d’une actualité évidente, mais qu’il est un horizon vital pour l’humanité tant le capitalisme l’entraîne vers une inéluctable fin prochaine. Le capitalisme, inscrit dans une logique d’accumulation et une perpétuelle poussée productiviste, est en effet par essence contraire au principe premier de la philosophie humaine, perpétuer la vie en garantissant les équilibres environnementaux, politiques, sociaux, économiques nécessaires à cette visée. Si l’on regarde objectivement les faits, en bons marxistes que nous sommes, il n’est pas déraisonnable voire totalement fou d’affirmer que le capitalisme est le coupable des coupables lorsqu’on cause sérieusement de destruction de notre éco-système, mettant ainsi en péril le devenir de notre civilisation. Si de nombreux et éminents spécialistes ont dit leurs réserves prononcées sur les engagements pris sur le climat lors de la COP 21, c’est bien parce que les enjeux économiques ont primé sur le reste. Sauver le climat sans remettre en cause le modèle économique dominant, c’est comme vouloir être communiste sans remettre en cause la propriété privée des moyens de production.

Nous sommes de plus en plus nombreux à faire le bilan implacable d’un PCF qui ne joue plus son rôle, dénommant l’ennemi par voie de circonvolutions complexes et alambiquées, ne portant plus l’envie, l’enthousiasme, la dynamique de changer radicalement la vie. Pour le dire ou l’écrire plus simplement, le PCF travaille depuis des années à se renier. Paralysé par une vision étriquée et schizophrénique de son histoire, de ses liens avec les expériences du socialisme réel, il s’est pensé comme un adolescent colérique qui doit faire sa mue pour pouvoir être respectable et respecté. Le résultat, c’est un parti à la remorque d’une social-démocratie – peu importe sa forme – spécialisée dans la compromission de classe, qui n’arrive plus à percer les masses et à jouer un rôle d’avant-garde. D’ailleurs, depuis des années, ces concepts fondateurs sont passés à la moulinette de congrès mutagènes jusqu’à recracher une coquille vide qui survit grâce à l’engagement viscéral de militantes et militants sincères et fidèles à l’engagement d’une vie. Des militants qui, malgré toutes les difficultés et couleuvres avalées, croient toujours en l’étincelle.

C’est ainsi que nous vivons une époque étrange où nous avons le sentiment d’un retour en arrière de deux siècles. Alors que le mouvement ouvrier organisé a réussi, non sans mal, à bâtir une doctrine et un mode d’action politique globaux et révolutionnaires, nous revoilà plongés dans des débats qui se tenaient clandestinement aux premières heures de l’ère industrielle. Peuple ou classe ouvrière  ? Organisation de masse ou mouvement  ? Révolution ou activisme  ? C’est bien la faiblesse actuelle du mouvement communiste qui a rendu possible la résurgence de mouvements et pensées qui dressent des leurres sur le chemin de l’émancipation de la classe ouvrière. Ne nous y trompons pas, l’idée du peuple ou des 99 % est la négation même d’une vision classe contre classe qui est pourtant la conclusion évidente qui saute aux yeux pour qui analyse les mécanismes socio-économiques en action sous notre nez. J’invite les camarades qui cherchent à comprendre avec sérieux et méthode cette question politique qui cristallise les oppositions dans notre camp à lire l’excellent entretien (ici) dans le média alternatif “Le vent se lève” de Guillaume Roubaud-Quashie, jeune historien qui dirige la revue scientifique et intellectuelle du Parti, “Cause Commune”. S’il fallait retenir une phrase de ce riche échange, sans doute serait-elle celle-ci : “[ … ]L’horizon des communistes reste un horizon universaliste qui pose le communisme comme objectif. Cet horizon est complètement absent chez Mouffe pour qui il faut trouver une manière de gérer les dérives du capitalisme et les antagonismes dans ce qu’elle appelle un cadre « agonistique » (un cadre de combats, de tensions, de conflits – agôn, en grec). Puisque pour elle, les conflits sont inépuisables et penser les abolir serait contraire à l’anthropologie profonde, selon sa lecture de la « nature humaine » qui se revendique de Freud. Tout cela me semble poser plus de problèmes que cela n’en résout… Dire qu’on renonce à l’objectif de dépassement des conflits de classe, au moment où le capitalisme est de plus en plus inefficient et criminel, me paraît être inopérant et négatif. Donc même si la proposition théorique de Mouffe est intéressante – au sein de la social-démocratie, elle refuse la capitulation pure et simple façon Blair et Schröder et permet ainsi que se mènent bien des combats communs –, elle débouche sur un horizon limité. Il s’agirait de renoncer au communisme au moment même où le capitalisme ne parvient clairement plus à répondre aux possibilités de développement de l’humanité. »

Notre époque fait la démonstration de l’urgence de porter un discours marxiste clair et surtout de l’idée que le capitalisme n’est pas aménageable, on le subit ou on le détruit.

Il est évident que notre entrée dans un nouveau siècle s’est accompagnée de changements profonds avec le développement rapide et incroyablement stimulant des nouvelles technologies, que nos sociétés ont évolué, que la classe ouvrière elle-même s’est fortement transformée et complexifiée. La jeunesse aussi a fortement changé avec de nouveaux codes, une approche militante d’un nouveau genre. Le modèle fordiste a laissé place à un capitalisme des petites unités de production, des filiales et autres trusts astucieusement complexes du point de vue du droit. Il est évident que la globalisation née à l’époque médiévale a connu une ascension spectaculaire depuis l’après-guerre, que la financiarisation de l’économie a radicalement transformé le modèle économique accouchant de crises de plus en plus violentes. Pour autant, les logiques intrinsèques au capitalisme n’ont guère changé. Il est toujours question de contrer la baisse tendancielle du taux de profit, de préférer le capital mort au capital vivant, de pousser les gains de productivité jusqu’à la limite du supportable.

Alors même que la sortie d’un film sur le jeune Karl Marx nous rappelle à quel point la pensée marxiste est d’une grande vitalité, nous souhaitons, nombreuses et nombreux, que le congrès à venir de notre parti soit à la hauteur de tous ces enjeux, que nous ne prenions pas le chemin craint par un certain nombre d’entre-nous, celui d’un faux bilan partiellement complaisant avec nous-mêmes. Nous pensons que le PCF est aujourd’hui en grande difficulté parce qu’il se refuse à revenir sur plus de 20 années de mutation qui sonnent comme autant de renoncements. La jeunesse de notre engagement s’inscrit dans la volonté qui a prévalu lors du congrès de Tours. Une clarification politique essentielle avec un objectif : armer les exploités dans une visée transformatrice. Créer les condition de l’unité et du combat, bâtir un grand et populaire parti politique à l’avant-garde des luttes libératrices.

La difficulté de cette tâche que nous devons impérativement nous assigner, relève quasiment de la psychanalyse. Penser les actes manqués, les frustrations, les mécanismes d’une forme d’aliénation entre une caste dirigeante aux origines sociales nouvelles et une base militante qui se mue dans une discipline de parti autrement nommée légitimisme, qui se refuse à remettre en cause un processus historique interne tant finalement cela s’apparenterait à une mise en cause personnelle. Une forme de contradiction avec la philosophie matérialiste qui est la nôtre, l’idée d’une non responsabilité dans les événements eux-mêmes. On comprend donc pourquoi, en quoi, ce travail si nécessaire est dans le même temps terriblement difficile voire même douloureux. Un questionnaire insignifiant et faussement ouvert n’y changera rien.

Pourtant, j’ai la conviction profonde, pour l’entendre et le vivre depuis des années, que l’immense masse des nôtres à un attachement presque mystique au communisme, à l’identité qui se cache derrière cette vitrine impressionnante, lourde de sens d’un point de vue historique, de l’héritage même. Le parti du colonel Fabien, des fusillés, des brigades rouges, de la décolonisation, de la culture, des arts et de l’éducation populaire, du Front Populaire, de la Sécurité sociale … Pourtant, il y a aussi l’idée d’une déchirure avec cette histoire, comme si pour mieux s’éloigner d’un patrimoine qui tombe avec le mur de Berlin, il fallait vider de toute substance la doctrine révolutionnaire qui donne sens à notre engagement. Ce communisme du XXIe siècle, pour beaucoup, il devrait être celui qui pense le citoyen, l’individu et plus les structures collectives, l’articulation entre classe en soi et pour soi. On voudrait, pour certains encore, pouvoir se délester de bagages encombrants. L’idée d’une purification. Une purification objectivement voisine du néant, me semble t-il …

Ce congrès doit donc nous permettre de réaffirmer notre identité communiste, non pas par fétichisme ou nostalgie, mais bel et bien parce que le communisme est la seule et réelle alternative à notre monde, le chemin à la hauteur des enjeux de civilisation qui se dessinent devant nous. Il n’est pas pour nous question de mener à bien le procès de tel ou tel, de montrer d’un doigt accusateur où sont les coupables et les victimes. Ce que nous voulons, c’est un vrai congrès extraordinaire comme cela nous l’a été promis. Extraordinaire parce que faisant preuve d’audace, parce que sincère et collectif, parce que mettant sur la table un bilan complet et objectif de ce que nous avons décidé ces 20 dernières années. Un congrès qui sort avec une feuille de route totalement limpide. Une clarification stratégique quant aux alliances, une ligne politique renouant avec une grille de lecture marxiste sans ambiguïté, une série de propositions capables de lancer partout en France de grandes campagnes populaires, une direction collégiale en phase avec les réalités de terrain, représentative de l’immense diversité de nos territoires qui sont autant de réalités distinctes. Une communication renouvelée et moderne, la promesse d’un débat national franc et sans tabous sur l’Europe et le PGE, un travail prioritaire sur le renforcement de nos liens avec les organisations politiques communistes d’Europe et d’ailleurs.

Nous ne partageons pas toutes et tous forcément les mêmes points de vue, nous ne sommes pas d’accord sur tout mais nous avons la volonté commune d’inscrire notre parti dans une dynamique enthousiasmante et collective au fond de nous même. Pourquoi donc s’en priver, vivre recroquevillés dans l’amertume et une forme d’attente, comme si les choses allaient s’arranger dans un élan héroïque, à la fois cause et conséquence. L’héroïsme requiert des héros, des héros le courage. La lucidité en est sans doute une étape préliminaire. Il est difficile de faire le bilan de nos pertes, de nos errements et autres erreurs et de voir que congrès après congrès rien ne change. Nous voulons un parti à l’offensive, fier de ce qu’il porte et capable de recréer de l’espoir là où la souffrance sévit durement. Chez les jeunes, chez les travailleurs, chez les retraités, chez celles et ceux qui vivent l’ostracisation, la violence au quotidien pour raisons identitaires, sexuelles, d’origine ou de genre. Nous voulons un parti à l’avant poste de la lutte, capable de regarder droit devant et de tenir tête à la bourgeoisie particulièrement organisée et conquérante.

Avant donc que ne s’enclenchent les différentes étapes du processus congressiste, je voulais lancer ces quelques idées et principes pour nourrir la réflexion de ces innombrables camarades qui s’interrogent sur le sens de leur engagement. Nous voulons un congrès qui réussisse, un congrès qui donne réellement la parole aux militants. « Pas de mannequins dans le parti » disait Thorez. Alors que les bouches s’ouvrent enfin …

G.S

Un communisme français pour un communisme global

ad093ni_0000003061Il semblerait que la vieille tentative de diversion identitaire, pratique adulée par les petits soldats du capital, reprend du service. En plein cœur d’un débat à l’Assemblée sur un nouveau texte de loi antiterroriste durant lequel le jeune député du Nord LFI Ugo Bernalicis a utilisé le terme de « démocrature », alors que le petit caporal Manuel Valls tente de ré-exister médiatiquement en ressortant des cartons ses vieilles et viscérales obsessions autour de l’islamo-gauchisme et du péril républicain, alors qu’une polémique a enflé sur les réseaux sociaux autour des affaires Nour et Desbureaux, les macronistes font finalement appel aux vieilles ruses éculées pour anesthésier l’opinion publique en proie à une vive colère parfaitement légitime.

En effet, alors que jour après jour chacun peut mesurer le niveau de violence de la politique gouvernementale actuellement à l’œuvre via la destruction du cadre juridique et social dans la jungle de l’entreprise, via le dépeçage des aides sociales, baisse des APL, hausse de la CSG pour un transfert de cotisations sur les seuls travailleurs ou anciens travailleurs alors même qu’on supprime l’ISF, via la vente ahurissante d’Alstom et des chantiers navals de l’Atlantique, fragilisant un peu plus la place de la France dans le concert des nations industrielles et donnant encore plus de poids au géant allemand, la légitimité et l’intérêt du débat politique se placeraient dans une manichéenne opposition entre des laïcards toujours plus fanatisés et des traîtres à la patrie qui passeraient leur temps à excuser les terroristes et leur processus de radicalisation.

Ainsi, cette grande nation politique qui est la nôtre, qui a su à plusieurs reprises secouer le continent pour faire tomber la tyrannie de son fauteuil doré, se rabaisse t-elle à penser qui est patriote et qui ne l’est pas, qui est franchement républicain et qui n’en serait finalement pas digne. Comme si d’ailleurs cette République n’était pas en lambeaux avec un président minoritaire, des rapports internationaux des Nations-Unies qui épinglent nos autorités, mères porteuses de lois toujours plus sécuritaires, comme s’il n’existait pas un violent divorce entre l’immense masse des travailleurs et leurs élites. Des élites qui ont franchi le Rubicon lorsqu’elles ont enterré le « non » du referendum de 2005, lorsqu’elles acceptent d’appliquer des directives sauvages qui détruisent nos services publics, notre industrie, notre agriculture, notre indépendance monétaire. Des élites qui affichent un mépris non dissimulé envers ce qu’elles perçoivent comme étant une masse inculte presque barbare, dans la bonne vieille tradition de la frange réactionnaire bourgeoise du XIXe. Que dire de notre participation à des guerres impérialistes au proche et Moyen-Orient, en Afrique sahélienne et du Nord, dans les attaques répétées envers l’Amérique latine qui servent les intérêts géostratégiques nord-américains.

Si seulement il était possible dans ce pays de discuter de tout cela, de voir la France comme ce qu’elle est : une force capitaliste qui décline, totalement inféodée, au même titre que l’Espagne, l’Italie ou la Grèce, au bon vouloir de la bourgeoisie allemande. Une nation qui accepte passivement, docilement, de ne plus se penser comme t-elle, de ne plus avoir une vision planificatrice de son économie, de son industrie, qui ne cherche même plus à se penser dans le cadre d’une saine et impitoyable guerre de classe hexagonale. Cela rend particulièrement périlleuse la mission que s’assigne la vieille école marxiste à laquelle j’appartiens. Alors qu’il y a un profond travail de clarification à avoir dans l’articulation nationalisme / internationalisme, je ne suis pas sûr que la politique du choc médiatique soit particulièrement constructive. Réclamer la disparition du drapeau européen à l’Assemblée dans les conditions actuellement à l’œuvre, c’est certainement maladroit mais surtout et avant tout contre-productif. Ce drapeau doit disparaître j’en suis convaincu mais n’est-ce pas d’abord dans l’imaginaire politique collectif qu’il faut le faire disparaître ? Dans la tête des nôtres qui n’échappent pas à la névrose post traumatique d’une Europe d’après-guerre vendue comme incontournable, indéboulonnable ? Je me retrouve en réalité plus dans les propos d’un Arnaud Montebourg au lendemain de l’annonce de la vente d’Alstom que dans ces chiffons rouges agités frénétiquement qui finissent par desservir la cause.

Ne nous y trompons pas, notre travail doit se mener en plusieurs étapes simultanées. Alors même qu’il y a un mythe à détruire , celui de l’Europe éternelle, il y a en même temps à combattre l’idée du repli, des frontières hermétiques, du barbelé faussement protecteur. Prendre ce travail à la légère, en rester au stade de l’emphase médiatique, c’est prendre le risque de flouter les enjeux, de créer de la confusion et des rapprochements douteux. C’est tout le travail de distinction entre nationalisme et chauvinisme, entre la défense des intérêts d’une classe sociale qui se pense et se vit dans un cadre national et un national-socialisme qui se dissimule derrière des formules alambiquées.

J’ai la certitude qu’il ne pourra pas y avoir de mouvement social digne de ce nom, de vague contestataire capable de tout balayer sur son chemin sans articuler ces différents enjeux entre-eux. Cette conception de la tâche révolutionnaire à venir doit être au cœur de la préparation du prochain congrès des communistes. Cela nous permettra ainsi de ne pas sombrer trop facilement dans les débat crétins et stériles d’une identité républicaine fantasmée, dans les postures faciles sur la question des indépendances régionales notamment en Espagne, dans les poncifs ridicules d’une possible refonte sociale de l’Europe. La révolution va devoir d’abord être culturelle, militante avant de se penser en grand.

G.S

Mon discours lors de l’ouverture de saison culturelle avionnaise

20170915_231542Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Je vous remercie de votre présence nombreuse ce soir et vous souhaite la bienvenue pour cette ouverture de saison un peu particulière. En effet, nous soufflons la vingtième bougie de notre salle de spectacle Louis Aragon.

Vingt ans et autant d’engagement pour une culture populaire, exigeante, qui a du sens, qui bouscule et interpelle.

Vingt ans de musique, de solos de batterie, de riffs de guitare, de poésie.

Vingt ans de fous-rires, d’émotion, de frissons. Combien de générations déjà ont pu prendre place chaque année dans ses fauteuils grâce aux partenariats construits avec les écoles. Non pas pour simplement divertir ; jamais dans la facilité.

Non un travail pensé pour éveiller, pour surprendre. Une alternative militante à la télé poubelle, aux contenus lessivés par le pouvoir de l’argent, de la course à l’audimat. Ici la culture se déguste comme un bon vin mais sans modération.

Cet anniversaire n’aurait pas de sens sans tous ces artistes régionaux, parfois nationaux, qui ont partagé leur travail, leur talent avec nous. Nous faisons d’ailleurs en sorte de toujours mieux les accompagner, les soutenir en développant dans la mesure de nos moyens des coproductions, en mettant à leur disposition le savoir-faire et l’intelligence de notre équipe. D’ailleurs, cet anniversaire ne serait rien sans eux. Sans Michel évidemment, sans Mickaël, sans Lahcen, sans notre Michel Duhamel, sans la très précieuse Pascale, sans le compatriote transalpin Giordano. Sans Marian, sans Fred, sans Jean-Claude à une époque.

Je veux leur dire ici toute mon admiration et un grand merci. Vous savez, il m’arrive très souvent de défendre avec vigueur le service public. Pas simplement pour les missions indispensables qu’il dispense universellement. Mais aussi parce qu’il est incarné par des hommes et des femmes passionnés par leur travail, qui parfois ne comptent pas leurs heures, qui n’ont plus connu d’augmentation de salaire depuis des années mais qui pourtant continuent, avec la même force, la même passion, à exercer leurs missions. Toute mon équipe ici en est une preuve éclatante.

Cet anniversaire n’aurait pas de sens sans l’engagement de générations d’élus qui se sont succedées pour donner vie à cet espace culturel, pour favoriser la lecture dès le plus âge, pour permettre à tous d’exercer de la musique, de la danse, des arts plastiques. Jacques Robitail à l’époque a pris la décision de transformer cet ancien collège du centre en un espace moderne et ambitieux. Puis mes prédécesseurs ont tenté de faire vivre au mieux ce lieu, de faire en sorte que les habitants en fassent leur refuge. Quel bonheur de voir les jeunes venir faire leurs devoirs le mercredi à l’étage de la médiathèque, de voir ces nombreux visages défiler à l’école de musique, de célébrer au début de l’été les créations originales de l’atelier arts plastiques. De voir la salle pleine à craquer lors du gala de danse annuel. De voir l’harmonie exister encore, d’avoir même laissé un peu de place à un orchestre jeune qui promet pour l’avenir.

Je peux vous dire que pour les élus, c’est un bonheur toujours renouvelé, c’est le sentiment d’avoir accompli quelque chose de beau. Car oui les années passent, les habitudes s’instaurent dans une mécanique aveugle, on finit par oublier ô combien ce lieu, cet engagement pour la culture ne va pas de soi.

En effet, nous aurions pu nous contenter de donner une enveloppe chaque année moins fournie à des sociétés de productions pour faire du chiffre, de l’humour en entrée, en plat de résistance, en dessert. Des choses dans l’air du temps qui nous assureraient une salle pleine et une généreuse recette.

Je ne suis pas là dans la politique fiction, dans la caricature outrancière. Cette réalité existe. Je ne donnerai pas de nom mais croyez-moi, à quelques minutes en voiture d’ici, des villes font ce choix.

Ici on s’y refuse catégoriquement. Non pas par excès d’intellectualisme, par caprice petit bourgeois comme peuvent le penser et le dire quelques rustiques polémistes.

Non, parce qu’ici nous respectons les publics, les artistes, les mots, la beauté.

Parce que nous souffrons comme tant de citoyens, de la misère intellectuelle, culturelle, politique de l’époque. Parce que nous avons la certitude, à l’instar du grand Gramsci, qu’on ne peut sortir de la domination, de l’exploitation qu’en en prenant réellement et fortement conscience. Alors il faut des images, il faut des mots, des mouvements, des couleurs, des corps pour y arriver. Aussi, modestement, nous prenons notre part dans cette vaste bataille.

Lorsque nous faisons confiance à des compagnies qui proposent une œuvre forte et authentique, c’est notre contribution.

Lorsque nous instaurons le pass’culture pour permettre aux jeunes de 16 à 19 ans d’accéder aux spectacles, aux concerts, aux séances de notre cinéma municipal pour un tarif unique de deux euros (il arrive à l’automne), c’est notre contribution.

Lorsque nous avons travaillé mois après mois à convaincre des associations, des villes voisines, des structures d’éducation populaire de nous aider à bâtir le festival les « utopistes debout ! » c’est là aussi notre contribution.

Lorsque nous organisons des ciné-débats, des ateliers de création avec les habitants, des spectacles décentralisés dans les quartiers, c’est notre contribution.

Je pourrais continuer à dérouler cette liste qui me rend chaque jour fier du travail accompli. Bien évidemment, on peut toujours faire mieux, toujours faire plus.

Mais il y a une réalité et vous la connaissez. Nous sommes une ville pauvre, au cœur d’un territoire sinistré. Tout ici nous pousse à la désespérance, au chaos.

Nous travaillons tous les jours dans l’urgence pour éviter qu’une famille se retrouve à la rue, pour permettre à des familles de ne pas crouler sous les dettes, pour maintenir le service public bien qu’il s’exerce à flux-tendu, pour empêcher des fermetures de classes, pour lutter contre le décrochage scolaire, pour accompagner nos précieuses associations qui ont de plus en plus de mal à pouvoir se financer.Alors tant que la culture résiste et résistera ici, un espoir demeure et demeurera en floraison.

C’est un coût, ce sont des choix qu’il nous faut mesurer, qu’il nous faut penser dans le contexte que je viens de décrire. J’ai toujours un peu mal quand on cri au « tous pourris » en parlant des élus, quand on cède à longueur d’antenne la parole aux déclinistes de service, aux corbeaux de tempête, à ceux qui nous disent que le progressisme est mort, que le modèle c’est le libéralisme débridé, le tout consommable, la passivité face à l’histoire.

Il faut de l’optimisme, de l’humilité, un certain sens du devoir envers ses congénères de classe, du travail, une volonté inébranlable et de l’action dans le soucis de l’unité. C’est nourri par cette recette que j’ai appris à militer ici.

Puis j’ai rencontré Michel qui se bat presque nuit et jour pour faire vivre ce lieu et une certaine idée de la culture. Certains s’amusent parfois de son opiniâtreté, de sa fermeté sur de nombreux principes. Moi je les admire et m’en inspire. Moi le stalinien, lui le trotskyste, nous les soldats de l’éducation populaire. Peut-être est-ce cela le ticket gagnant. Partout où l’on nous laisse un fauteuil, un coin de table, nous montons au front sans jamais baisser les yeux et le poing. Je peux vous dire que dans pas mal de lieux et de structures maintenant, ils savent qui nous sommes et que nous ne sommes pas prêts de nous taire, d’abdiquer.

Il m’arrive bien sur parfois de douter, de me dire face à une pluie d’obstacles que c’est trop dur et que de toute manière à mon petit niveau, je sacrifie tant de choses pour peut-être une chimérique espérance. Que le combat est si déséquilibré que jamais nous n’arriverons à faire basculer ce monde.

Et puis, il y a quelques jours je reçois un message d’un ami qui venait de recevoir la plaquette de la saison dans sa boîte aux lettres. Il me félicite pour notre travail, me demande si on peut déjà réserver des places pour tel ou tel spectacle et puis il me dit que sa maman a fait du repérage sur la plaquette. Elle a listé les spectacles de la saison qu’elle compte découvrir. Une dame qui il y a un an n’avait jamais mis les pieds dans notre salle de spectacle, peut-être même dans une salle de spectacle. Elle est venue voir un spectacle en début de saison l’année dernière et elle y a pris goût.

Elle réitère l’expérience et veut la réitérer encore.

Y a t-il plus belle victoire que celle-ci ? Je ne le crois pas non. Je peux donc mettre un visage sur l’espoir qui me guide depuis déjà quelques années. Vous êtes les visages ce soir de cette victoire.

Alors permettez-moi de conclure ce petit mot. La culture je le disais n’aurait pas de sens sans les artistes, sans des lieux pour pouvoir l’accueillir, sans des techniciens passionnés, des élus déterminés. Mais la culture n’aurait surtout pas de sens sans vous. Elle ne peut exister sans vous. On ne peut guère irriguer un désert. Michel va vous présenter dans un instant la saison. Venez avec votre mari, votre épouse, votre ou vos amants et maîtresses, vos amis, vos enfants, vos voisins. Venez espérer avec nous. Venez aimer, frissonner, rire, pleurer, vous révolter avec nous.

« Tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans soupçonner que le vrai bonheur est dans la manière de gravir la pente » écrivait le grand Gabriel Garcia Marquez. J’ai moi une certitude, cette pente nous devons la gravir ensemble car le bonheur ne se vit que s’il est partagé. Je vous remercie.

G.S