Le changement c’est ….

Après la longue et difficile séquence électorale des présidentielles et législatives, nous voici déjà dans une activité intense. La fête de l’Humanité qui fut cette année encore un grand succès et un rendez-vous politique toujours aussi incontournable, la préparation de la manifestation nationale du 30 septembre à Paris contre le traité européen et pour l’exigence d’un référendum, il n’aura fallu que quelques jours après les congés d’été pour replonger dans le bain.

 Il faut dire qu’il n’y a eu aucun état de grâce suite à l’élection de François Hollande et à la désignation d’une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale. Ce que nous aurions souhaité les uns et les autres de partager l’enthousiasme des militants socialistes convaincus qu’ils étaient de la dynamique du « changement c’est maintenant » de leur candidat ! Mais comme disait Lénine, les faits sont têtus. Il y a eu PSA, il y a Durisotti, Doux et d’autres encore dans la région. Des milliers d’emplois qui disparaissent en quelques semaines et la nouvelle majorité PS qui ne fera que compter les points. Les mouchoirs et les mots réconfortants ne remplaceront pas les emplois ô combien vitaux pour ces hommes et ces femmes qui, comme l’immense majorité des salariés de notre pays, font ce qu’ils peuvent pour joindre les deux bouts. Et c’est encore un peu plus l’étiolement de notre tissu industriel. C’est dans ce contexte que la nouvelle majorité avait à faire ses preuves. Interdiction des licenciements boursiers, possibilité pour les salariés de reprendre leur entreprise sous forme de coopérative, établissement d’un pôle public bancaire pour financer la recherche et le maintien de l’activité … Rien de tout cela n’est sorti des dossiers roses des Montebourg, Moscovici, Sapin et j’en passe.

La nouvelle majorité par contre s’apprête à voter et signer le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union européenne, une horreur technocratique, une sorte d’art poétique de l’ultra-libéralisme. Cela malgré les mises en garde des élus et militants du Front de Gauche, du prix nobel d’économie Joseph Stiglitz et de nombreux de ses collègues renommés, de la confédération des syndicats européens (une première!), et de bien d’autres acteurs économiques et politiques. Pis, on prépare déjà le terrain de la rigueur à perpétuité en annonçant un plan d’économies de 36 milliards d’euros pour 2013. Qu’un gouvernement socialiste annonce un plan de rigueur d’une telle envergure à de quoi nous faire craindre jusqu’où la droite sera elle capable d’aller. Sans doute aussi loin que la droite espagnole et son premier ministre Rajoy qui vient de féliciter les forces de police d’avoir été ferme avec les dizaines de milliers de manifestants refusant l’austérité dans les rues de Madrid. Les photos sont choquantes et la colère vive.

Bien entendu il y a des points positifs tout de même. De nouvelles créations de postes dans l’Éducation nationale.30 postes dans l’académie de Lille, presque une provocation envers le monde enseignant quand on pense aux 3864 postes supprimés ces quatre dernières années. La FSU 59/62 estime qu’il manque 1750 enseignants dans le premier degré et 2500 dans le secondaire. Cela sans compter le manque cruel d’infirmier(e)s scolaires, de personnel d’encadrement social, psychologique et pédagogique. Il y a donc des raisons de s’inquiéter et il nous faut attendre l’adoption prochaine d’une loi d’orientation pour l’école prévue pour octobre. Les premiers textes n’évoquent ni les RASED, ni le scandaleux fichage instauré sous l’ère Sarkozy. Les syndicats sont vigilants et attendent beaucoup plus d’un responsable étiqueté « Le changement, c’est maintenant ! » . Et puis il y a cette logique de création de postes dans l’enseignement mais au détriment d’autres services publics pourtant bien mal en point eux-aussi. La santé, l’hôpital public plus précisément, en est le parfait exemple. Où sont les annonces tant attendues par le personnel ? Pourquoi aucun plan santé n’a encore été évoqué pour l’heure ? Les salariés de l’hôpital de Lens ont défilé et crié la semaine dernière encore dans l’attente de réponses concrètes et d’une amélioration rapide et indispensable de leurs conditions de travail.

Il y a urgence à mettre un terme à la logique austéritaire dans laquelle nous nous enfonçons chaque jour un peu plus. On attend du président de la République Française de la combativité, des convictions et des propositions fortes. Faisons taire les minables Cohn-Bendit et éditocrates de malheur nous vendant leur soupe de poisson pas frais. Et l’ogresse fascisante à perruque blonde réanimant les querelles de clochers et de mosquées. Tout ceci est fumant et nocif pour la démocratie. Restons sur nos gardes, bataillons comme nous l’avons toujours fait et combattons aux côtés des salariés, là où est notre place, là où est la place de la gauche.

G.S

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