Mon intervention sur le budget 2013.

25564_1387963059498_1244709403_1125794_202542_nMonsieur le maire,

Chers collègues,

Je ne reviendrai pas via cette intervention sur le contexte national, européen et même international de crise. Nous avons largement eu l’opportunité lors du débat d’orientation budgétaire d’expliquer, d’analyser et de pointer la folie des technocrates et des politiques complices qui maintiennent le cap des politiques d’austérité.

Je me félicite d’ailleurs de voir au sein même de ce conseil, de nombreuses voix portant la légitime exigence de faire autrement et dans l’intérêt des salariés, des populations frappées par la précarité sous toutes ses formes. L’aveuglement des banques, de l’Europe et du gouvernement nous mène droit à la catastrophe et personne, aujourd’hui, peut dire quelles seront les suites de cette phase de récession dans laquelle nous nous enfermons. La montée inquiétante des forces d’extrême droite en Europe, ainsi que le désarroi des populations mêlé à un climat d’affaire privant de tout crédit la parole politique, forment un cocktail dangereux qui historiquement nous pousse à sonner dès maintenant la sonnette d’alarme.

Faut-il rappeler que les grands médias en France comme ailleurs, participent grandement à noyer le poisson et désignent honteusement des ennemis, des responsables. Vous remarquerez que les mêmes qui étaient admiratif de l’apparition d’un nouveau pape au balcon de la chapelle Sixtine, un pape tristement connu pour sa proximité avec la dictature des généraux en Argentine, affirment de plus en plus clairement que l’ennemi de la République c’est l’islam qui serait incompatible avec nos valeurs et nos traditions. Honte à ceux qui participent à cette entreprise de diabolisation et qui ne mesurent pas les conséquences terribles vers lesquelles tout ceci peut nous mener.

Fort heureusement, nous ne sommes pas les seuls à nous indignez et à dénoncer les faux procès et l’aveuglement des puissants. De célèbres économistes clament avec force le même discours et préconisent le besoin urgent d’une rupture avec les orientations néo-libérales qui nous plongent dans le marasme économique. Jospeh Stiglitz, prix nobel d’économie, Jacques Sapir, Frédéric Lordon, Jean Gadrey. Ils disent unanimement que l’austérité nous pousse au pire et que la contraction de la dépense publique ne fait qu’aggraver et précipiter cette chute.

La contraction de la dépense publique, nous en sommes des victimes, nous les collectivités territoriales. Notre ville qui pour 53, 74 % de ses recettes de fonctionnement dépend des dotations de l’État, est comme de nombreuses autres municipalités, confrontée à ce phénomène. Un phénomène récurent sous la présidence sarkozienne et malheureusement, toujours d’actualité sous ce début de mandat rose / vert. Alors que nous faisons le choix politique courageux de ne pas augmenter les taux d’imposition pour ne pas sanctionner les ménages déjà en proie à de grandes difficultés financières, l’État continue de sabrer calculette à la main les ressources financières des collectivités.

Pourtant, nos dépenses de fonctionnement sont en hausse de 1,92 % par rapport à l’an dernier, en grande partie en raison de l’inflation et de l’augmentation des tarifs énergétiques, l’aide versée au CCAS doit être majorée de 5, 75 % passant de 256 375 euros à 286 000 euros pour des raisons évidentes de paupérisation de notre population. Dans le même temps, c’est 16 230 euros en moins de dotations globale de fonctionnement. On pourrait également dire un mot sur la Banque Publique d’Investissement qui est un coup d’épée dans l’eau. Alors que dans sa philosophie elle doit accompagner les collectivités territoriales dans le financement de projets d’investissement, elle se retrouve totalement inefficace tant elle est pauvre en ressources. On continue les mêmes logiques issues de 1976, et nous voilà obligés d’inscrire un emprunt de 3,5 millions d’euros souscrit à deux banques privées à un taux d’intérêt avoisinant les 4 %.

Maintenant, pour être plus précis sur le budget primitif proposé, nous partageons en grande partie ses orientations, ses équilibres, et nous nous réjouissons de voir que malgré tout ce que nous avons pu rappeler, nous préparons l’avenir avec des investissements de bonnes tenues et le soucis d’améliorer au quotidien la nature et la qualité des services rendus à la population. Nous nous félicitons du travail actuellement fait de mutualisation des moyens, de réduction des coûts par des gestes simples et par le renouvellement de nos véhicules, de nos chaudières, du travail de modernisation de l’éclairage public qui participe à une réduction manifeste de la facture énergétique. Tout est fait pour maîtriser les dépenses de fonctionnement et les chiffres semblent montrer que nous y arrivons.

Nous nous félicitons également que le choix soit fait de ne pas augmenter les tarifs dans les domaines de l’enfance, de la jeunesse et de la culture. Il y a par ailleurs des moyens réels et consistants dégagés pour répondre aux interpellations faites durant les réunions de quartier. C’est ce qui rend la démarche de démocratie participative populaire et qui va participer à son nécessaire développement.

J’en terminerai tout de même sur deux ou trois remarques. Nous constatons, et le rapport le sous-entend plus ou moins, que les ventes de terrains et de logements appartenant au patrimoine communal ont été nombreuses, sans doute trop. Nos recettes étant faible, le choix a été fait de dégager des fonds par la vente de ces biens. Nous disons donc d’être vigilant sur ce point. Une réserve foncière est plus que souhaitable dans le contexte que nous vivons et il faut donc être prudent.

Autre remarque ou suggestion concerne nos subventions versées aux associations. Nous savons pertinemment que les associations, au même titre que notre collectivité, connaissent des problèmes de finances et il faut le courage et la passion des hommes et des femmes qui les font vivre pour continuer à proposer des activités, à être actif. Néanmoins, nous ne pouvons pas nous substituer à tout le monde et nous devons aussi avoir une rigueur dans notre propre gestion. Il nous semble, que certaines subventions sont beaucoup trop élevées par rapport à la situation financière de notre commune. Nous pensons, que les présidents d’associations ont la sagesse de mesurer cet état de fait. Aussi, il faudra accepter à un moment donné que les subventions de notre commune ne peuvent plus pour l’heure être aussi conséquentes. Il y aura sans doute à mener tout un travail de redéfinition des critères d’attribution et d’une nouvelle grille financière plus raisonnable avec notre époque troublée.

Dernière remarque très courte, concernant une problématique urbaine qui va demander tout notre sérieux, sans doute celui de la prochaine équipe en place, autour du problème du stationnement. Le stationnement devient un problème concret et pénible du quotidien avionnais. Pas uniquement avionnais, c’est certain, mais la zone autour du centre ville devient saturée et la circulation de plus en plus problématique. Cela, sans évoquer les soucis d’incivilité et de non respect des règles mises en place. Il va falloir s’atteler à cette question avec beaucoup de sérieux et de méthode.

Je conclue mon propos en remerciant le travail remarquable des services pour nous mettre à disposition des rapports chaque année plus clairs, et nous avons décidé, au travers de l’ensemble des éléments que j’ai pu évoquer dans cette intervention, de voter cette proposition de budget primitif 2013.

 G.S

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« De qui se moque ce gouvernement ? » Intervention dans le débat d’orientation budgétaire au conseil municipal.

25564_1387963059498_1244709403_1125794_202542_nMonsieur le maire, chers collègues,

De qui se moque t-on ? De qui se moque ce gouvernement ? Comme vous avez tous pu le lire ou l’entendre, Pierre Moscovici, le ministre de l’économie et des finances, vice président du cercle de l’industrie (qui est un lobby patronal puissant), a annoncé 3 milliards en moins pour les collectivités territoriales d’ici 2015. Ceci pour financer les 20 milliards d’euros du crédit d’impôts compétitivité emploi. Cette année les dotations sont déjà en baisse comme cela est rappelé très justement dans le rapport puisqu’elles sont gelées à leur niveau de 2012 malgré les multiples augmentations et une inflation à 1,8 %. Des dotations vitales pour des collectivités comme la notre. Dans un contexte d’assèchement du crédit avec les difficultés que l’on sait d’accession à l’emprunt, mesurons ensemble la situation catastrophique qui nous attend si ce cap est maintenu.

L’audace d’exiger des collectivités de mettre en place des temps aménagés dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, dans un tel contexte financier est aussi absurde que révoltant. Veulent-ils faire mourir les communes pour imposer leur projet de métropoles. Ces super-structures urbaines antidémocratiques éloignant toujours un peu plus les citoyens des centres de pouvoir ? Tous ici nous avons apporté nos suffrages à monsieur Hollande en mai dernier sur la base d’une rupture avec l’ère sarkozyste et d’un changement tant attendu par la grande majorité de nos concitoyens.

Que voit-on aujourd’hui ? Des coupes sombres dans les dépenses publiques, un accord de sécurisation de l’emploi qui est une horreur libérale et qui atteint gravement le code du travail et l’universalité de la loi concernant le droit du travail. Le journal Le Monde, qu’on ne peut pas vraiment classer comme marxiste-léniniste, titrait hier dans ses pages politiques : « l’accord sur l’emploi est-il identique à ce que proposait Sarkozy ? » et voici la conclusion de cet article « Quelles sont les différences ? La réponse est simple : aucune ! ». Voilà qui est clair. Nous n’accepterons pas d’être les futurs grecs, les futurs espagnols, les futurs italiens.

Face aux difficultés financières qui sont les nôtres dans ce contexte que je viens de rappeler et avec la difficulté de la procédure engagé contre DEXIA, le choix est fait de maintenir les tarifs pour les services à la population, de ne pas augmenter les taux d’imposition locale, de maintenir une enveloppe substantielle pour répondre aux doléances citoyennes exprimées lors des réunions de quartier, d’assurer des travaux de voiries notamment suite à l’hiver rigoureux que nous avons subi, et de continuer à se battre pour l’obtention des crédits nécessaires à la construction de l’école des cheminots et de l’EHPAD. Vous annoncez que des efforts seront maintenus pour moderniser le parc automobile de la commune ainsi que l’isolation et les chaudières de nos bâtiments communaux, avec l’objectif d’enregistrer des économies d’énergie. Nous ne pouvons que nous satisfaire de ces choix et soutenir la démarche.

Bien évidemment, nous débattons ce soir d’un cadre et non pas d’une proposition budgétaire détaillée. Les axes que vous dessinez nous paraissent pertinents et nous attendons maintenant le budget primitif pour aller plus loin dans l’analyse. La seule réjouissance qui peut être enregistrée c’est l’augmentation des dotations de politique de la ville, mais comme cela est fort justement rappelé dans le rapport, elles sont ciblés et précises. Le gouvernement veut d’ailleurs réformer le fonctionnement de la politique de la ville, et on peut craindre de mauvaises surprises là encore.

Voilà donc comment nous nous positionnons dans ce débat d’orientation budgétaire et je réitère une fois de plus notre crainte réelle et sérieuse face à ce qui se trame pour les mois et les années à venir. Le climat social est lourd, les élus locaux sont « étranglés », les syndicats majoritaires désavoués voire caricaturés … Il faut faire très attention à l’avenir proche et mesurer le poids de certaines décisions. En tout cas un mot d’ordre : résistance !

G.S