Intervention débat d’orientation budgétaire 2014

25564_1387963059498_1244709403_1125794_202542_nMonsieur le maire,

Chers collègues,

Après une lecture attentive du rapport très complet introduisant ce débat d’orientation budgétaire, je crois pouvoir dire que, le sentiment général qui nous anime toutes et tous, est partagé entre colère et incompréhension. Alors que la commune entreprend une gestion rigoureuse pour conjuguer continuité de services et gestion de la hausse des coûts, on se rend bien compte que les leviers politiques et économiques fondamentaux nous échappent totalement.

En effet, la refonte accélérée des institutions de notre pays qui s’inscrit dans une démarche européenne, affaiblit lourdement les collectivités territoriales qui sont pourtant le seul rempart face à la paupérisation de notre population. En effet, la suppression de la taxe professionnelle et son remplacement par la C.E.T (contribution économique territoriale) s’est soldée par un manque à gagner de 8 milliards d’euros comblé en partie par une hausse de la fiscalité des ménages de l’ordre de 3 milliards d’euros. Cela malgré d’ailleurs la dotation de compensation. L’objectif est clair : inclure les collectivités territoriales dans les logiques de réduction des dépenses publiques en les privant de l’autonomie fiscale et en les inféodant davantage aux dotations de l’État. C’est le risque, et les chiffres du rapport le montrent, d’étrangler l’investissement des collectivités territoriales qui représente 75 % de l’investissement global en France.

Pourtant et comme je viens de le préciser, le rôle des collectivités territoriales est crucial, encore plus d’ailleurs dans ce contexte de crise. Comme cela est stipulé très justement dans le rapport, le rôle du CCAS ou encore le choix de maintenir les tarifs de nos services, freinent aussi significativement que possible les difficultés de plus en plus lourdes des ménages pour vivre et dans bien des cas pour survivre. Il y a, à ce titre, des chiffres effrayants dans ce rapport, n’ayons pas peur des mots. 1,7 millions d’enfants qui subissent la pauvreté de leurs parents, 14 millions de personnes qui vivent avec moins de 977 euros par mois, 20,35 % de la population du Pas-de-Calais qui vit sous le seuil de pauvreté. Et pourtant, pour 2014 et 2015, 1,5 milliards d’euros en moins pour les collectivités territoriales. Le président normal annonce 50 milliards d’économies de 2015 à 2017 pour l’État. Des baisses, encore des baisses, toujours des baisses !

Mais tous les indicateurs macroéconomiques ne sont pas en baisse, ne nous y trompons pas. Une étude qui vient d’être publiée fin 2013 fait état d’une hausse de 6,9% des rémunérations des patrons européens. Les entreprises du CAC 40 ont dégagé en 2013 environ 80,6 milliards d’euros de bénéfice soit une hausse estimée à 16% par rapport à 2012. Elles vont redistribuer 39,9 milliards d’euros en 2014 à leurs actionnaires contre 37,8 milliards en 2013. On pourrait évoquer les banques qui font des bénéfices records comme le souligne la presse économique spécialisée. La BNP par exemple a enregistré un bénéfice de 6,55 milliards d’euros en 2013. Le groupe société général affiche lui un bénéfice net de 774 millions d’euros pour cette même année. Que dire de cette information qui a fait coulé beaucoup d’encre : en 2012, les 500 plus grosses fortunes françaises ont augmenté de 25% et affichent une somme cumulée de 330 milliards d’euros soit 16% du PIB. J’en arrête là car tout le monde a bien compris la logique. Ce sont pourtant les mêmes qui bénéficient du CICE qui nous coûte 20 milliards d’euros par an, des dispositifs d’allègements fiscaux, mis en place par le gouvernement dit de gauche. La lamentable conférence de presse du président et « son pacte d’irresponsabilité » démontrent la folie de ceux qui nous gouvernent. Leur entêtement à coller aux dogmes libéraux dictés par Bruxelles mettent notre pays et notre peuple dans une situation extrêmement difficile. Les recettes proposées, les mêmes depuis 40 ans, sont pires encore que les problèmes eux-mêmes. Si le seul cap de ce gouvernement est de satisfaire les critères « austéritaires » de la commission européenne et notamment la règle des 3% de déficit, alors il fait un pari dangereux avec l’avenir. La désespérance et le fatalisme, l’insécurité sociale et la peur de l’avenir nourrissent la bête immonde qui déverse sa bile xénophobe, intégriste et réactionnaire. Le sursaut est aujourd’hui une nécessité indiscutable et l’heure est à bâtir une alternative construite sur le désir partagé de transformation sociale.

Alors oui, à notre petite échelle locale, on s’organise, on résiste, on dénonce et on construit avec nos modestes moyens. J’en profite pour tout de même souligner le cynisme du gouvernement quand il propose une aide spécifique aux collectivités territoriales victimes des emprunts toxiques en contre-partie de l’arrêt de toute procédure judiciaire. DEXIA et ses pratiques mafieuses, qui nous oblige à provisionner de lourdes sommes qui sont autant de pertes financières pour promouvoir le projet municipal. Nous avons ouvert un contentieux sur cette affaire et cette décision est juste et légitime. Nous devons impérativement faire la démonstration que nous ne nous laisserons pas faire. D’autant plus que nous entreprenons une politique de gestion rigoureuse où chaque euro compte. La mutualisation des services pour tirer un maximum d’économie, la modernisation des équipements pour amoindrir les factures, le développement du travail en régie pour réduire les coûts, tout est fait pour dégager de l’autofinancement et ainsi créer des marges de manœuvres néanmoins bien maigres. Notre ville qui est hyper-dépendante des dotations d’État est pleinement impactée par les choix budgétaires du gouvernement. Mais pas de résignation chez nous. Des projets existent, certains se concrétisent, d’autres sont en étude de faisabilité et cette nouvelle démarche payante d’échanges dans les quartiers avec les habitants nous oblige aussi à répondre le plus efficacement possible aux besoins exprimés. Par ailleurs, faire de l’enfance, de la jeunesse, de la culture et du sport des priorités, cela implique des choix budgétaires. Il faut, comme on dit, se donner les moyens de ses ambitions. Après tout, le choix de renoncer à certaines politiques, celui d’augmenter les taux d’imposition pour dégager des recettes fiscales supplémentaires, ou encore celui de ne plus s’engager dans des investissements d’avenir souvent structurants pour la commune, sont possibles et pourraient être envisagés. Mais il apparaît clairement que ça n’est pas ici à Avion le chemin emprunté. Pas de folie des grandeurs, pas de gestion pragmatique et froide, mais l’ambition d’une politique à visage humain qui s’adresse à tous.

Bref, comme je l’ai dit plus haut, nous sommes dans la résistance et nous faisons vivre les uns et les autres le faisceau de valeurs qui a toujours guidé l’action politique à Avion. Espérons que 2014 soit un tremplin pour la continuité de cette philosophie et de cette action. Des batailles décisives vont s’engager et pas uniquement ici au sein de ce conseil municipal. Le tout sera d’être au rendez-vous dans le seul et unique intérêt de notre population.

G.S

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Dépasser les querelles intestines pour incarner l’espoir !

-La lecture du dernier billet de Jean-Luc Mélenchon sur son blog confirme un malaise au sein du front de gauche et, à mon humble avis, des crispations inutiles et stériles sur la question. Remettre en cause la pertinence de notre rassemblement, le front de gauche, sur une simple divergence d’appréciation quant à la stratégie des municipales est grotesque et véritablement contreproductive. Surtout qu’un récent sondage nous explique que plus de 60 % des français envisagent d’aller voter aux municipales en ayant en tête des enjeux locaux et non nationaux. Effectivement il paraît clair que les électeurs iront choisir un maire et une équipe pour répondre à leurs attentes en terme de services, d’aménagement, de logement …

La posture de Mélenchon et de ses plus fidèles lieutenants adeptes des réseaux sociaux, ne doit pas nous faire oublier les objectifs centraux du front de gauche : créer une alternative crédible avec des propositions fortes sur lesquelles une majorité de la population arrivera à se mettre d’accord. Débattre de qui peut se targuer de pureté révolutionnaire est une gageure dont on ne peut se payer le luxe. La désespérance est réelle, la misère progresse et le fatalisme est lui indéniable pour une frange de plus en plus épaisse de la population. En effet, les errements du gouvernement actuel, l’abandon caractérisé des intérêts des classes populaires par un gouvernement classé à gauche, mettent toute la gauche dans son ensemble dans une extrême difficulté. Le clivage droite/gauche sensé symboliser le moteur de la structuration sociale de notre société à savoir la lutte de classes, n’a plus de consistance dans l’esprit de bien des salariés et de nos concitoyens les plus modestes. Celles et ceux qui espéraient une amélioration de leur quotidien avec un changement de majorité se retrouvent désabusés et en colère, une colère plus que légitime. Alors, quand notre mouvement et sa dynamique de rassemblement ne font parler d’eux que par des discordes futiles au sommet entre Mélenchon et Laurent, c’est un mauvais signal de plus qui est envoyé à notre électorat, y compris le plus fidèle. La tambouille politicienne, les querelles de clochers, les invectives salées, tout ceci est à mille lieux du sérieux et de la rigueur que réclame le danger de la situation. Mélenchon est de plus, par son parcours personnel, en mauvaise posture pour venir donner des leçons de positionnement politique. Effectivement, celui-là même qui n’a pas de mots assez durs contre le PS avec qui il faut rompre tout lien, a été sénateur pour cette même social-démocratie agonisante durant trente années, il a voté Maastricht, et j’en passe. On ne se réveille pas un matin en étant plus révolutionnaire que le révolutionnaire lui-même !

Le Parti Communiste Français a de par son extraordinaire longévité développé des ancrages locaux qui, ne nous y trompons pas, fait sa force. Structuré localement au travers des sections déclinées encore en cellules par endroit, engagé dans des majorités de gauche pour porter une vision et une voix offensive singulière et reconnue, il est évident qu’on ne peut du jour au lendemain chambouler cette tradition pour les beaux yeux vengeurs de Mélenchon et de ses amis. Combien de nos concitoyens ont pu compter sur un élu communiste local pour porter de justes revendications dans les hémicycles municipaux, départementaux, régionaux ? Combien de salariés peuvent témoigner du travail des élus communistes présents dans leurs usines lorsque celles-ci sont en grève ? Combien de nos élus ont organisé des tables rondes avec les syndicats et les décideurs économiques pour promouvoir des plans de relance ou de reprise ? C’est cette utilité là qui fait notre fierté et qui, quotidiennement, donne tout son sens à la présence d’élus combatifs et désintéressés. La patience, le travail de fourmis via une organisation structurée et efficace, c’est sur cela que repose notre méthode de travail. On ne peut donc pas balayer d’un revers de main ce long travail pour pouvoir ensuite parader fièrement en disant qu’on ne s’acoquine pas avec « les solfériniens ».

Travaillons donc à être une lueur d’espoir dans un océan de désespérance. Parlons des vrais problèmes et utilisons notre trop rare temps de parole pour promouvoir nos propositions.Ce gouvernement, quand on fait le compte, restera comme étant la plus belle et la plus incontestable illustration du niveau de médiocrité et d’asservissement de nos élites. On atteint un niveau affligeant de ce point de vue. Il est temps que collectivement, toutes et tous nous reprenions les choses en main. Du partage, de la solidarité, de la fraternité et qu’on revienne à des choses simples et saines. Le modèle du citoyen consommateur, la télé pourrie, l’individualisme mortifère … Inventons du neuf et reprenons le pouvoir sur nos vies. Le grand patronat gavé, les banques et l’esclavage qu’elles instaurent, les élites puantes et corrompues … Donnons du sens à cette belle expression qu’est « l’humain d’abord ». Seul ce travail là compte et il va demander de la patience et de la méthode. Rangeons donc les fusils et les expressions fleuries, et mettons nous sérieusement au travail. Le chantier est immense !

G.S