Pourquoi je reste au PCF

logo_pcf-stq-3-598x300Pourquoi je reste au Parti Communiste Français ? Difficile cette question. Beaucoup de camarades le savent aussi. Il suffit de voir à quel point le quitter est un déchirement pour celles et ceux qui ont fini par franchir le pas. J’en ai rencontré et je continue à en rencontrer beaucoup. Car, malgré leur départ, on se retrouve sur les mêmes champs de bataille tous. On se croise dans les mêmes conférences, les mêmes ciné-débats, les mêmes manifs … Chaque fois qu’ils évoquent les souvenirs, leurs vieilles plaies, il y a cette conjugaison étrange entre une douce nostalgie et une colère saignante. Tous se disent orphelins. Ils sont les orphelins de ce grand parti de classe, le seul qui a été jusque là capable de provoquer quelques frayeurs à la petite bourgeoisie, aux rentiers de l’industrie et à leurs chiens dociles. Sans blague, le père Gattaz a du se résigner à le confesser, on ne fait pas la même politique avec un parti communiste à 20 et à 5%. Et puis il faut tout de même avouer que depuis l’effondrement du bloc soviétique, les choses ne vont pas en s’améliorant. 1% de la population mondiale possède autant que les 99% restants ! Le péril rouge avait au moins la force de contraindre les tenants du capital à un peu plus de sobriété.

Enfin les choses sont ainsi faites, elles changent avec le temps. Elles changent en mal si on n’y prend pas garde. C’est vrai pour le capitalisme comme pour son pire ennemi, c’est-à-dire nous. Le confort de la démocratie libérale encroûte certains des plus téméraires. D’année en année, d’élection en élection, on finit par jouer le jeu et on laisse périr la matrice première de notre engagement. L’école de Chicago est passée par là, Gorbatchev a vendu les meubles aux enchères, le parti de Berlinguer au pays de Gramsci abandonna la bataille, l’ouragan Robert Hue détruisit tout sur son passage … Que dire de l’héritage. On veut rallumer les étoiles sans provoquer la moindre étincelle. On espère désespérément être oint par la Sainte ampoule de la bonne société. Celle qui fixe les règles, qui choisit qui est fréquentable et qui ne l’est pas. Veut-on à ce point être fréquentable ? Auprès de qui ? De Libération ? Du Nouvel Obs ? Du Parti socialiste ? Non, je crois plutôt que ces gens-là devraient pouvoir nous détester, nous vomir même. Je pense au bonheur intérieur par exemple qu’a du vivre notre ami François Ruffin quand, invité sur le plateau d’Europe 1 pour parler de son film Merci Patron !, il doit faire face à la condescendance et au dégoût viscéral qu’il provoque chez Jean-Michel Apathie. Voilà, c’est cette haine et ce mépris que nous devrions pouvoir contempler sur le visage de la presse bourgeoise quand elle fait face à l’un des nôtres. Or, il faut bien avouer que nous sommes loin de ce cas de figure.

Non le parti communiste a rangé l’outillage et il veut rassembler les brebis égarées. Il passe son temps à vouloir rassembler. Enfin rassembler au sommet à chaque fois, jamais à la base. Il va de compromis en compromis et il ne tire aucun bilan de ses choix. J’ai lu avec attention le texte que la direction propose aux communistes comme base de discussion pour le congrès. Enfin, pour être plus précis, j’ai essayé de le lire. J’ai lâché au bout de la dixième page je crois. Peut-être un problème de style me direz-vous ? Indéniablement je dois l’avouer. Mais si seulement il n’était question que d’un problème de style. Non ce texte il est symptomatique de ce qu’est la réalité de notre parti depuis des années maintenant. Une coquille vide. A peine se revendique t-il encore anticapitaliste entre les lignes. Nos économistes sont dépassés, ils formulent des propositions ahurissantes sur l’Europe et un hypothétique euro de gauche, ils n’évoquent même plus ou presque les nationalisations. Mais enfin qui sommes-nous aujourd’hui ? Que défendons-nous ? Une autre Europe, un autre euro, un autre capitalisme ? Bref, une simple et terrifiante posture réformiste ? Moi je ne sais pas vous, pour les camarades qui me lisent, mais je n’ai pas pris ma carte au PCF pour ça. Je l’ai prise parce qu’un jour j’ai emprunté le manifeste de Marx à la bibliothèque de mon lycée et que j’ai compris que le chemin était celui-la. Je l’ai prise quand j’ai vu qu’en organisant la lutte dans mon petit lycée fréquenté par les gosses de prolos, on défendait les droits de centaines et de centaines de familles populaires du secteur. Je l’ai prise quand j’ai compris que nous avions mes camarades et moi des aspirations communes et que nous pouvions les faire triompher en se battant ensemble, de manière organisée. Je l’ai prise ma carte quand j’ai su que ces aspirations étaient contraires à celles des encravatés qui voulaient fermer des classes dans ce lycée pour de fumeuses et obscures raisons arithmétiques.

J’ai un peu plus de 10 ans de carte maintenant. J’imagine le rictus de certains camarades qui se disent que je suis encore un petit jeunot. Je milite dans ma petite cité du Pas-de-Calais. Grosse section militante, une municipalité que nous gérons depuis 80 ans sans partage ou presque, les camarades m’ont confié un mandat passionnant à la culture. Bref je me sens bien dans ce que je fais. Je donne un coup de main dans ma fédération, je partage entièrement sa ligne et ses batailles. J’ai sans doute beaucoup de chance. Certains camarades n’ont pas cette chance je le sais. Peut-être que si j’avais milité ailleurs j’aurais déjà rendu les gants. Je ne sais pas. Militer, c’est plus vrai encore je crois au parti communiste, cela s’apparente à un vrai sacerdoce. On sacrifie beaucoup de choses à la cause. En tout cas, je sacrifie beaucoup de choses. Je vis, je respire, je mange communiste. Je passe ma vie à lire, à écrire, à penser. Et puis même si je ne suis pas le plus assidu, il faut distribuer les tracts, coller les affiches, participer aux multiples réunions. J’adore les réunions du parti donc c’est une fausse contrainte. Elles ne sont pas toujours passionnantes il faut bien l’avouer mais on y croise les camarades. Il y a un lien si étrange entre nous. Si fort, si fraternel. Cela n’est pas un mythe. La fraternité, cela a un sens profond chez les communistes. La pratique exclusive du tutoiement, les débats sans fin autour du verre de l’amitié, les étreintes, les accolades, les éclats de rire. C’est même difficile de réussir à trouver les mots pour décrire cette atmosphère tellement singulière, tellement chaleureuse. Mais être communiste cela ne vous quitte jamais, sauf si vous y avez adhéré pour de mauvaises raisons. Non cet idéal vous hante sans cesse. Il est si fort qu’il prend le pas sur les individualités. Un communiste est prêt à donner sa vie pour défendre son idéal. Là aussi, cela n’est pas un mythe. Les noms des plaques dans les citadelles, sur les monuments aux morts de la France entière peuvent en témoigner. C’est encore vrai aujourd’hui. J’en ai la certitude.

Alors, même si les directions qui se succèdent ont la lourde tendance à dériver à tribord, ce parti, mon parti, reste un outil extrêmement précieux. Je laisse aux idéalistes le luxe de croire à la fable des mouvements citoyens, des révolutions silencieuses. Pour briser ses chaînes, le peuple asservit aura indéniablement besoin de se structurer, de s’organiser. Il va devoir prendre conscience de lui-même, de sa force. Il n’y a qu’un parti se revendiquant sans honte du socialisme qui sera en capacité de répondre à cette prérogative. Croire le contraire nous mènera inexorablement à l’échec. Syriza, Podemos, les indignés … Toutes ces réponses échouent parce qu’elles ne répondent pas aux conditions historiques et pratiques nécessaires à leur réussite. Un vrai parti de lutte de classe. Pas simplement vouloir proposer un peu plus de logements sociaux par ci, un peu plus de redistributions par là. Non tout cela a échoué et continuera d’échouer. Tactiquement je ne suis pas contre l’idée que nous participions à des majorités avec d’autres formations de gauche. Mais cela ne peut avoir du sens que si nous sommes en capacité de peser lourdement dans le rapport de force, d’obliger le marqueur politique à se positionner le plus à gauche possible. Le parti socialiste n’a été de gauche dans l’histoire que lorsque le parti communiste l’y a contraint. C’est mécanique, c’est historique. C’est ce que font actuellement nos camarades au Portugal. Ils ont signé un accord majoritaire avec le parti socialiste parce qu’ils tiennent une vraie ligne de classe, que leur score est important et qu’ils ont donc obligé le PS a devoir gouverner avec eux.

Nous avons eu des opportunités de rendre le rapport de force extrêmement intéressant ici en France. En 1995 ou en 2005. Après 1995 nous nous fourvoyons dans le gouvernement de la gauche plurielle qui privatise à tout va, qui répond aux salariés de Moulinex qu’il ne peut rien faire contre la fermeture de leur entreprise. En 2007 on participe aux lamentables collectifs antilibéraux qui nous ramènent à un score minuscule alors que Royal menait une campagne à droite. Les mêmes, qui nous ont conduit dans ces impasses, continuent de rédiger nos orientations de congrès et continuent de nous dicter ce qui est bon pour le parti, pour la gauche. Alors pour conclure et dire les choses très simplement, je ne quitte pas le Parti Communiste Français car il est hors de question que je le laisse définitivement entre ces mains la. Il est trop précieux pour qu’on puisse le leur abandonner jusqu’à une extinction qui deviendrait inévitable.

G.S

Publicités

La jeunesse et le bâton !

860734-prodlibe-loi-travailIl y a des images qui marquent. Elles marquent parce qu’elles provoquent quelque chose d’intense en nous. De la stupeur, de la colère, de la peur … Je dois ici avouer que quelques images ces derniers jours ont eu cet effet sur moi. Voir les forces de l’ordre s’abattre brutalement, froidement, sans un geste de retenue, sur de jeunes étudiants ou lycéens, cette génération sacrifiée au pire, vendue à la télévision et sa publicité pourrie, vendue à la précarité et aux rêves de cendres. Des images qui illustrent une violence légale, ce qui la rend encore plus insupportable, encore plus violente. Elle est effrayante cette violence. Qu’un gouvernement puisse répondre à sa jeunesse terrorisée par l’avenir qu’elle n’aura droit qu’à la matraque si elle ne marche pas droit, si elle ne s’affale pas sur la moquette miteuse de la bourgeoisie gavée jusqu’à écœurement pour se rendre aussi servile qu’un chien, cela n’est tout simplement pas acceptable. Ce président, ce gouvernement, cette majorité, ce système ont perdu toute légitimité en ayant fait couler le sang d’étudiants sur le bitume d’une saine et légitime révolte. Certains fins esprits me diront non sans raison que cette légitimité s’est envolée depuis longtemps déjà. Depuis le massacre de notre industrie et son chômage de masse, depuis le rêve européen devenu cauchemar, depuis que les restos du cœur n’arrivent plus à nourrir toutes les familles qui tapent, par désespoir et dernier recours, à leurs portes.

Je repensais aux scènes de rue du mai 68 de Bertolucci en voyant tous ces jeunes déterminés qui foulent les pavés. Je repensais aux manifs que j’enchaînais il y a dix ans contre le CPE. Elle est si belle cette jeunesse là. On la moquait il y a encore peu, on lui prêtait de nombreux qualificatifs fortement hostiles. Bête, déconnectée, pas intéressée, par rien … Pourtant, elle est inventive et elle continue de rêver. Sans doute rêvait-elle en silence tout ce temps. Car oui, depuis quelques années nous la cherchions cette jeunesse. Elle demeurait bien trop sage alors que les nuages s’amoncelaient dangereusement. Mais le volcan a fini par imploser. Sarkozy avait bien fait monter la pression il faut dire. Cependant, qu’un gouvernement de gauche puisse venir le surclasser dans les pires déclarations de guerre sociale devait devenir l’étincelle qui embrase tout. Car les médias en parlent peu finalement et on comprend pourquoi, mais dans les AG, dans les prises de parole, dans les écrits, dans les revendications, on ne conteste pas simplement la loi travail. Non, on va plus loin que ça. On demande de pouvoir vivre. On demande de changer le monde. Il ne s’agit pas, dans l’esprit de ces jeunes, d’utopies. Beaucoup comprennent et savent que changer le monde, c’est tout sauf impossible. C’est dur, c’est même compliqué mais certainement pas impossible. Changer le monde cela demande de l’engagement. Et de l’engagement, ils et elles en ont à revendre !

Alors, comme un vieux schéma usé mais qui semble être le seul que l’histoire digère, la tension monte et ce gouvernement, les intérêts qu’il sert, se sentent acculés. On tente de détruire ce lien sulfureux qui se noue entre la jeunesse et les travailleurs. On se propose à la surprise générale de lâcher une broutille aux fonctionnaires pour acheter la paix sociale. S’ils voulaient que ça marche, déjà aurait-il fallu se rendre un peu plus généreux. Les fonctionnaires ne sont pas des mendiants. Cela en dit long sur ce que ces gens pensent de nous réellement. Après tout, ne lâche t-on pas au milieu d’un rire gras dans ces assemblées feutrées que la multitude est composée de sans-dents ? On infiltre les cortèges en tenues civiles et on provoque des violences pour offrir aux médias de belles images qui tourneront en boucle sur les chaînes d’information dans le but d’effrayer le bon citoyen en train de couper son steak allemand bourré d’antibiotiques devant sa télévision. Cette télévision de propagande que les jeunes ont déserté depuis longtemps. La jeunesse elle mène la lutte virtuellement sur les réseau sociaux, elle se partage l’information militante, des médias éthiques car indépendants. Elle crée des choses incroyables sur Youtube, des inconnus deviennent de jeunes et apprentis cinéastes talentueux. Tout doucement, les nouvelles générations s’extirpent de ce système pourri et bâtissent tous les jours des expériences alternatives. Nous sommes trop bornés et fermés pour le voir. Je suis pour tout dire, heureux et curieux de découvrir tout cela. Beaucoup de choses, de conceptions, de croyances, de pratiques sont bouleversées.

Bien évidemment tout n’est pas parfait et sans doute, souvent, manque t-il d’épaisseur idéologique à tout cela. Mais il y a des raisons d’avoir confiance, elles sont nombreuses et elles redonnent beaucoup de sens à nos batailles. Je pense que nous sommes au début d’un cycle nouveau ; que sans le savoir, nous assistons à l’écriture des premières pages d’une nouvelle aventure nommée socialisme.

G.S

PCF / Primaire : l’urgence d’évoquer le plan B !

plan-b

Comme de nombreux camarades, je suis plus que circonspect sur la participation de notre organisation à l’exercice de la primaire. Manière de dire poliment que c’est sans doute la pire erreur tactique que nous avons pu commettre ces dernières années. Pourtant la liste est dramatiquement longue si on regarde objectivement les choses. Il n’y a par ailleurs que le PCF qui s’agite activement dans ce cadre. Plus précisément, une poignée d’irréductibles suivistes qui ne mesurent pas la tromperie éhontée à laquelle ils participent par simple discipline.

Les lundis de gauche, la littérature imbuvable validée par un CN totalement à côté de la plaque, une campagne anti-Mélenchon hystérique qui tourne à l’illustration grotesque du mythe du veau d’or. Cela ne prend pas à la base, il serait temps d’au moins commencer à l’admettre. Où sont les déclinaisons locales de la primaire ? Avec qui devons-nous d’ailleurs les organiser ? La section PS du secteur, les écologistes qui détestent les rouges plus que tout ? Les camarades ont un peu de bouteille et savent pertinemment qu’au bout du bout de ce périple tortueux, il s’agira de soutenir une candidature socialiste (frondeuse si vous voulez). Pis, c’est le phœnix qui ressuscite des cendres tièdes, très tièdes d’une gauche plurielle qui a conduit le borgne d’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle de 2002.

Sauf à penser que Martine Aubry et ses amis feront exploser le PS avant 2017- dans ce cas là je suis prêt à organiser un pèlerinage laïc à Lourdes – pour créer une organisation dissidente qui ira jusqu’au bout du processus des primaires, nous risquons de nous retrouver totalement isolés dans l’histoire. Cambadélis fait le ménage et convoque à Solférino celles et ceux qui osent un peu trop l’ouvrir en ces temps de troubles. Les écologistes nous ont fait la parfaite démonstration qu’il serait totalement irresponsable de compter sur eux. Cécile Duflot nourrit des ambitions présidentielles et elle ira à la bataille avec ou sans nous. Ensemble marque un retour en arrière après avoir été fanatisé par l’idée. Manque plus que la sortie de Marie-George Buffet, dans l’élan de son lieutenant Francis Parny, pour appeler à voter Mélenchon et la boucle sera bouclée. Bref, tout cela me donne l’image d’un vendeur de glace sur une plage bondée. Il s’égosille pour ne finalement toucher que quelques âmes en peine. Le PCF, je crois, mérite de nourrir d’autres ambitions.

Alors je pose la question avec tout le sérieux que requiert la situation. Qu’allons-nous faire en cas d’échec du processus des primaires ? Finalement se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon qui engrange les points, qui appelle à faire une manifestation citoyenne en même temps que notre congrès afin de totalement nous phagocyter ? Porter dans l’urgence une candidature de Pierre Laurent. Le même Pierre Laurent qui a fait un tour de France pour ensuite être tête de liste aux régionales en Île-de-France pour un score bien trop modeste malgré une discipline de fer de toutes les organisations du Front de gauche ? Une candidature que financièrement nous ne pourrons soutenir qu’avec grande difficulté si on s’en réfère au véritable état de notre organisation ? Comment sort-on vers le haut de cette situation abracadabrantesque dans laquelle nous nous sommes enfermés ? Mesure t-on que la survie du PCF est en jeu. J’entends ici ou là que le congrès sera un non événement et qu’il est inutile de vouloir se battre en interne pour empêcher la mise en bière ; qu’il faut se consacrer à des objectifs départementaux ; qu’il faut travailler à structurer localement, à renforcer nos sections. Comment fait-on avec un parti qui deviendrait totalement inexistant nationalement ? La théorie de la forteresse est un leurre qu’on se le dise. Preuve en est la législative partielle de ce week-end dans le Nord. Malgré la dissidence médiatique de Martine Aubry le PS est laminé à deux pas de son beffroi lillois.

Quelle terrible contradiction de voir un réveil populaire bouillonnant au travers de la mobilisation contre la loi travail et d’assister, dans le même temps, au crash inévitable du PCF qui, au lieu de construire un prolongement politique à ces luttes naissantes, court tout droit dans les bras de la social-démocratie agonisante. Car les primaires ça n’est que cela sauf à se refuser à faire de la politique sérieusement.

Mes mots sont durs je le sais et c’est avec déchirement que je publie cette analyse froide, chirurgicale car ultra lucide. Certains camarades vont me honnir, sans doute ressortiront-ils les vieilles formules assassines réservées à ceux qui congrès après congrès ont eu le courage de dénoncer les dérives réformistes quand elles n’étaient que cela. La vérité est que plus que jamais notre nation a besoin du PCF, a besoin d’un grand parti populaire de combat, de classe. Je ne cherche pas à sauver la gauche ou à rallumer les étoiles. Je n’ai pas cette prétention, ni même les camarades qui défendent la même ligne et avec qui j’ai plaisir à militer. Je sais simplement une chose, il n’y aura pas de changement sans organisation, il n’y aura pas de rupture sans un parti rassembleur sur des bases de classe. Un parti qui ne se contente pas d’être un simple réservoir de voix pour la social-démocratie, elle qui poignarde à la première occasion les travailleurs, les classes populaires. Alors je repose la question : comment faisons-nous pour nous sortir de là ? Une candidature inattendue mais populaire comme celle de Mickaël Wamen, le camarade des Goodyear qui remplit partout en France des salles des fêtes et des amphithéâtres universitaires ? L’avantage serait de mettre tout le monde d’accord y compris Mélenchon, qui je n’en doute pas n’hésitera pas à soutenir une telle candidature.

La question est posée et elle sera centrale au congrès car tactiquement c’est ainsi que la direction nationale a aiguillé le débat.

G.S

La faillite programmée du réformisme rouge !

842547-france-elections-pcf-eelv-psAlors que partout dans le pays la parole se libère autour de la souffrance au travail vécue par des millions de salariés, que les travailleurs de Goodyear remplissent des salles des fêtes, des amphithéâtres pour populariser leur bataille et appeler à renverser la table, que la mobilisation populaire grandit pour exiger le retrait de la loi travail, bref que le pays tout entier est en ébullition nous promettant un printemps contestataire hors norme, le haut de la pyramide du Parti Communiste s’entête à être moteur d’une primaire de la gauche qui, c’est quasiment prophétique, se terminera dans le ridicule absolu.

Pierre Laurent se propose de modifier sa nature pour éventuellement être candidat (on croit rêver !) , Lienemann, Hamon, Montebourg, Autain … Des noms circulent car quoi que puisse affirmer chaque semaine le petit cénacle des réformistes rouges du PCF, la bataille rangée des ego viendra pulvériser les naïves postures de ceux qui crient au projet avant le candidat. Par essence, la présidentielle de 2017 se veut être la rencontre entre un homme ou une femme avec la nation. C’est un héritage historique de siècles de monarchie qui demeure vivace dans l’inconscient collectif de notre hexagone. Pis, en temps de crise, les citoyens veulent un chef, un leader. On peut difficilement le nier sauf à vouloir faire de la politique au pays des rires et des chants. C’est en partant de cette analyse factuelle que j’avais écrit mon billet Mélenchon, l’éléphant dans le salon de thé qui a connu un succès inattendu sur la toile. C’est d’ailleurs pour cela que la mayonnaise prend relativement bien du côté du tribun pgiste.

Comme si la démarche des primaires n’était pas suffisamment contestable et contestée pour des milliers de camarades, on annonce un grand meeting de Pierre Laurent avec … Alexis Tsipras. A croire que sous la coupole les neurones restent sur le palier de la porte. Comment peut-on encore croire qu’il est tactiquement raisonnable de continuer à soutenir Tsipras qui prépare tranquillement le retour de la droite en Grèce, qui applique des réformes dramatiques pour l’avenir de la péninsule hellénique et de ses salariés. Voilà donc le modèle. Une plate-forme regroupant tout et son contraire, bref des organisations qui ne pourront se mettre d’accord que sur un contrat politique tenant sur un posthite. Nous sommes en attente de la littérature du congrès pour mesurer la fuite en avant de cette direction qui marche à contre-courant de l’histoire. Pour dialoguer avec de nombreux camarades, la colère gronde et l’incompréhension vient remettre en cause leur adhésion au parti historique de la lutte des classes.

Ce qu’il faut impérativement en ces temps de trouble, c’est pouvoir redonner des repères de classes, des mots d’ordre de mobilisation, des pistes de travail capables de créer une alternative au modèle capitaliste. Oui le quinquennat de François Hollande est un échec sur toute la ligne ; oui il faut pouvoir réagir vivement et empêcher le pire, mais est-ce que cela passera par un cartel des gauches nouvelle génération qui ne proposera que des réformes de surface, au cœur de l’étau européen qui se veut de plus en plus asphyxiant. Ne semons pas d’illusions, un pays membre de l’Union européenne ne pourra pas mener de politique de relance même modeste. C’est tout simplement impossible (règle des 3% du PIB d’endettement autorisé, traités, BCE indépendante …). Vous irez convaincre un Jadot ou un Cohn-Bendit, ou même un Hamon, qu’il faut mettre sur la table la possibilité d’envoyer valser l’Europe …

Bref, c’est bien une faillite annoncée qui se profile si le PCF ne se réveille pas au plus vite. Les décennies de recul idéologique et d’opportunisme électoral ont mis bien des fédérations sur la paille. Combien n’ont plus de siège départemental et encore moins de permanents ? D’ailleurs personne n’ose mettre cette question sur la table. Beaucoup de camarades pourraient témoigner sur ce que j’avance. De nombreux départements sont aujourd’hui orphelins d’un PCF structuré. Et pourtant … On perpétue les mêmes logiques, les mêmes replis réformistes jusqu’à n’être plus qu’un tout petit parti, une force d’appoint local pour la social-démocratie que nous maintenons, nous les communistes, sous respirateur artificiel.

Le congrès s’annonce donc houleux et j’invite d’ores et déjà les camarades qui partagent mon diagnostic à se positionner sur un texte alternatif pour permette un minimum de débat et une saine opposition. Je réponds d’avance aux petits soldats au garde à vous: pas besoin d’attendre l’édition du texte de base commune pour savoir qu’il faudra le combattre activement. On apprend pas à un singe à faire la grimace !

G.S