Sur les chemins de la mémoire, Pierre Laurent et les communistes du Pas-de-Calais rendent hommage aux victimes de l’effroyable boucherie de 14-18 et aux voix de la Paix !

notre-dame-de-lorette-2Loin des polémiques qui ont marqué les commémorations officielles du centenaire de la première guerre mondiale, symbolisant l’immoralité des poujadistes et de l’extrême-droite dans sa globalité, les communistes du Pas-de-Calais ont invité le secrétaire national du Parti ,Pierre Laurent, pour une journée de mémoire dans le département.

Cette journée de commémoration a débuté à la nécropole de Notre Dame de Lorette où se dressent, dans une brume matinale et dans le froid d’un hiver rude s’installant peu à peu, les quelques 100 000 croix rappelant l’effroyable boucherie qui fut comme un séisme dans un Xxème siècle naissant. Accueillie par les gardes d’honneur du site, la petite délégation emmenée par le premier des communistes commence donc sa marche au cœur de ce mausolée à ciel ouvert. Un dépôt de gerbe, de longues minutes de recueillement, les explications précises des gardiens du site, et des communistes qui marchent dans les pas d’une mémoire collective lourde de sens. Le sacrifice de ces hommes, pour beaucoup d’entre-eux en pleine fleur de l’âge, appelle bien sur au respect mais confirme également ces mots de Prévert, « Quelle connerie la guerre ! ». Le pangermanisme, les tensions nationalistes des Balkans, les luttes intestines entre empires coloniaux de première et de seconde génération, c’est l’absurdité des rêves de la bourgeoisie mondiale qui a mis à feu et à sang tout un continent, fait couler tant de sang sur des terres vidées de toute vie, au cœur des tranchées boueuses, où règne la peur, parfois la folie faute de pouvoir croire que le champ de ruine qui gagne jusque l’horizon est bien réel.

La petite délégation des héritiers de Jaurès quitte ensuite le silence pesant de Lorette pour une escale au centre européen de la paix de Souchez. Reçu par le maire Jean-Marie Alexandre, une discussion intéressante a eu lieu sur la base d’une lecture partagée des évolutions de l’Europe contemporaine, celle des marchés et des technocrates, s’éloignant des ambitions politiques qui devraient régir les relations intra-européennes, pour éviter notamment le retour de tensions nationalistes favorisant la haine puis la guerre.

Il est 13h, Pierre Laurent est maintenant dans les locaux de la Fédération du PCF à Lens pour un repas fraternel avec les maires communistes du département. Une prise de parole forte d’Hervé POLY autour de la volonté des communistes d’être une force de large rassemblement sur des contenus forts, notamment dans un climat lourd et réactionnaire, puis quelques mots de Pierre Laurent sur les initiatives du PCF qui égrèneront cette année de centenaire. Ce repas a aussi été l’occasion d’échanger rapidement sur les municipales à venir.

Le rendez-vous majeur de la journée, il était à Avion en milieu d’après-midi au pied du monument de la paix, érigé fièrement avec son épitaphe biblique : « tu ne tueras point ». Un dépôt de gerbe, quelques mots du maire d’Avion Jean-Marc Tellier remémorant la longue tradition de résistance et d’héroïsme des avionnaises et avionnais, puis une longue prise de parole de Pierre Laurent faisant une juste mise au point en cassant le mythe d’union sacrée distillée par François Hollande la veille. Oublier le rôle et la voix de Jaurès défiant tous les va-t-en-guerre de l’époque, et ces milliers de militants socialistes qui donneront naissance quelques années plus tard, en 1920 à Tours, au Parti Communiste Français, c’est procéder à une réécriture idéologique de l’histoire. Oui le mouvement socialiste a toujours était le fer de lance de la résistance pacifiste, de l’amitié entre les peuples, loin des recours guerriers d’un capitalisme ne reculant devant rien dans la course à l’accumulation. Aujourd’hui comme hier, nous avons toujours fait raisonner notre opposition viscérale à toute forme d’impérialisme, de haines nationales, d’ingérence à des fins cupides et stratégiques. Cette intervention de Pierre Laurent a aussi permis de rendre hDSCN4104ommage à la mémoire bafouée de ceux qui, devant l’horreur et la brutalité de l’innommable folie meurtrière de 14-18, ont pris la lourde décision de déserter. Certains d’entre-eux ont donné naissance à la cynique liste des « fusillés pour l’exemple ». Dans le cadre de cette commémoration nationale, le PCF demande la réhabilitation de leur mémoire dans notre histoire collective et l’inscription de leurs noms sur les monuments aux morts dressés en l’honneur des martyrs de la Grande Guerre. 

Alors qu’un siècle après cette tragédie l’Europe est de nouveau balayée par une crise économique sans précédant, exacerbant les conflits de classes entre les tenants du capital et de la finance triomphante et les salariés que l’on tente de diviser en faisant appel aux instincts les plus sombres de l’humanité, la vigilance est de mise. Plus que jamais, il est impératif de faire vivre la mémoire tout en l’inscrivant dans la marche du temps et du réel. Dénoncer l’horreur pour ne pas qu’elle se répète, résister à la réaction et à ses agitateurs de haine, voilà donc l’utilité du mouvement communiste réaffirmée. Comme toujours dans l’histoire nous sommes esseulés, mais notre force est infatigable, notre volonté inaltérable, nos convictions demeurent elles intactes.

G.S

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