Oui, c’est l’URSS qui permet le tournant de la guerre !

berlinVoilà maintenant 70 ans que le bruit et les crachats mortels des canons et des fusils, que la terrible occupation allemande ont cessé. Une guerre terrible, une guerre totale qui a fait plus de 60 millions de victimes. Une guerre marquée par les crimes atroces, innommables des nazis. Ces années de guerre, de destruction, de souffrance, ont été un véritable traumatisme. Elles ont plongé l’Europe et le monde dans le chaos et ont marqué pour longtemps, comme une empreinte indélébile, les générations qui avaient à continuer à vivre avec ce funeste fardeau pesant d’un poids écrasant sur la conscience collective.

La littérature, l’Art en général ont tenté de comprendre, dé décrire, de faire le deuil. Mais le souvenir de la sauvagerie organisée de manière industrielle, de la violence de ces armées se fracassant au milieu de nations dévastées, ne peuvent pas s’évaporer par la simple volonté. La cicatrice demeure vivace et plus que jamais, à l’heure où l’extrême-droite un peu partout en Europe flirte avec des scores électoraux à deux chiffres , il nous faut accomplir sans réserve ce devoir moral, ce devoir historique, ce devoir de mémoire. Expliquer aux jeunes générations et comprendre comment un continent tout entier peut basculer dans la folie et le meurtre à grande échelle.

On ne peut bien entendu pas faire l’impasse sur le rôle crucial de l’armée de l’ombre, de ces hommes et de ces femmes organisés dans la clandestinité pour saboter les chemins de fer, mener des attentats contre les bâtiments administratifs tenus par la Gestapo, bref faire vivre le rêve de liberté et d’espoir, faire triompher cette armée clandestine qui criaient la France en s’abattant pour reprendre les mots d’Aragon.

Beaucoup d’entre eux étaient issus des rangs du Parti Communiste interdit à l’époque. Beaucoup d’entre eux ont perdu la vie dans l’anonymat le plus complet. Beaucoup d’entre eux n’ont pas eu la chance de connaître la joie immense des jours de la Libération. Je veux donc leur rendre ici l’hommage qu’ils et elles méritent. Certains ont beau vouloir réécrire l’histoire, fantasmer l’arrivée héroïque de l’armée américaine qui aurait brutalement mis fin à l’ascension du Reich, la réalité est qu’aucun débarquement n’aurait pu avoir lieu s’il n’y avait pas eu la résistance intérieure et surtout, la terrible défaite de Stalingrad pour les troupes allemandes. Car, on peut vouloir travestir les faits, diaboliser les soviétiques, des bêtes démoniaques à en croire certains, mais l’histoire ne peut pas se fracasser contre le mur de la vérité, même face aux pires manipulations idéologiques. Le tournant de la guerre c’est 1943, c’est la victoire de l’armée rouge à Stalingrad. Les américains ne débarquent quand 1944/1945, quand la défaite allemande ne fait plus de doute ou presque, quand on dénombre une trentaine de divisions militaires allemandes à l’ouest pour presque 300 à l’est. Des nazis soutenus par l’Église catholique et la plupart des grands industriels européens à l’image de Louis Renault pour, coûte que coûte, empêcher toute progression du communisme sur le continent.

Il faut le rappeler et même le marteler, c’est encore une fois la collision entre les impérialismes, les querelles coloniales, la soif toujours intarissable du capital qui ont plongé le monde dans les affres sanguinaires de cette guerre terrible. C’est encore une fois les intérêts économiques et financiers qui ont pris le dessus sur les peuples et leur aspiration profonde à la paix. Il y a la guerre parce qu’il y a le capitalisme et ses logiques impérialistes. Le peuple, les travailleurs n’aspirent qu’à vivre en paix car ils le savent, leurs conditions d’existence sont en tout point comparables à celles de leurs semblables de l’autre côté de la frontière. On nous parle d’esprit revanchard, de peuples animés par la haine. Cela est la version officielle de l’histoire que nous vendent les historiens complices du capital. Qui peut formuler le désir de partir au front, de risquer sa vie pour des intérêts et des prétextes qui le dépassent ? Qui ne trouverait un sens à son existence que dans la haine de l’autre ? C’est d’un cynisme abject. Les héritiers de ces manipulateurs d’opinion défendent aujourd’hui le pouvoir néo-nazi de Kiev, ils évoquent un devoir de solidarité pour partir en guerre au Mali, en Centrafrique et en Libye. La Libye qui est aujourd’hui dans une situation de chaos total, entre les mains d’extrémistes religieux faisant régner la terreur.

Tout cela pour finalement saluer la une de l’Humanité d’aujourd’hui et l’éditorial de Maud Vergnol. Je pense, sans polémique, qu’un tel propos et qu’une telle une n’auraient pas été envisageables il y a peu encore dans les colonnes de notre journal de référence. Un signe, sans doute, de la bonne évolution de la ligne politique autour de laquelle dansent le parti et ses militants depuis quelques temps. Une sorte de réveil de l’histoire après des années de mutation et de disparition progressive du champ lexical révolutionnaire génétiquement nôtre. Bref, il me semble que poser un regard historique sans faux-fuyant sur le passé et les événements qui sont l’ADN de notre identité révolutionnaire, anti-impérialiste, est une nécessité à laquelle nous devrions nous plier sans retenue. Peu importe la propagande bourgeoise véhiculée dans les manuels scolaires de nos chers petits. Peu importe cette vérité vendue comme biblique d’un signe « = » entre nazisme et communisme, camouflée derrière la confortable notion de totalitarisme.

Alors je conclurai simplement mon propos en rappelant que mener à bien le devoir de mémoire, c’est comprendre le passé pour mieux cerner le présent, c’est ne pas oublier et faire vivre la flamme vivace du recueillement, du souvenir de ces héros de l’ombre pour nous donner la force et le courage de défendre sans relâche, sans compromis la paix et la liberté. C’est aussi ne pas tomber dans le piège des discours populistes, simplistes qui accusent l’autre, supposé différent, le chômage, la prétendue perte des valeurs ou la fantasmée guerre de civilisations, ou encore la République en péril. Tout cela n’est que tissu de mensonges et permet de ne pas braquer le regard sur les véritables coupables, les véritables complices des situations de guerre, des crises qui les déclenchent, les tenants de la finance, des banques et de l’industrie. Ces quelques grandes familles européennes et américaines qui possèdent pratiquement à elles-seules la machine économique et qui cherchent désespérément, tels des prédateurs, des profits toujours plus faramineux. Alors disons-le ensemble avec force en cette journée de souvenir, « plus jamais ça ! ».

G.S

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