Le meeting lillois du Front de Gauche ou comment faire ravaler la fierté des puissants.

Elle s’était donnée rendez-vous en masse la France belle et rebelle au grand palais de Lille ! Des milliers de militantes et militants communistes, du Parti de Gauche, des unitaires, des altermondialistes, des écologistes, des socialistes, de très nombreux syndicalistes de la CGT ou de Solidaires, et puis, et puis, et puis … Des centaines de citoyens qui ne sont engagés dans aucune structure politique, associative ou syndicale. Simplement des salariés, des chômeurs, des jeunes, des moins jeunes venus écouter nos propositions et gouter le vin délicieux du bonheur partagé, de l’enthousiasme d’être ensemble, si nombreux, si déterminés. Il y avait cette ambiance comparable au vent de folie des occupations joyeuses d’usines de 1936. C’était bon , c’était même jouissif. La gauche est de retour ! Pas celle en demi-teinte; pas celle qui cloisonne le rêve collectif entre les murs d’un pragmatisme capitaliste quasi tragique … NON ! C’est la gauche de l’amour, du partage, de la folie, du foisonnement d’idées. La gauche rouge et déterminée, prête à accompagner le printemps dans l’éclosion du renouveau; celle qui n’a peur de rien, de personne; celle qui ira jusqu’au bout.

Déjà l’ambiance était particulière dans les bus qui quittaient nos petites bourgades. On se regardait, un large sourire et les yeux brillants d’impatience de pouvoir être au cœur de cette dynamique qu’on espérait si fort à l’époque où c’était dur, où on n’y croyait presque plus… Tous et toutes, nous savons que nous nous apprêtons à vivre un grand moment de notre vie de militant. Les discussions, les pronostics, les éclats de rire nous font oublier la route et sans nous en rendre compte, nous voici au pied du très moderne grand palais de Lille. On  se masse pour beaucoup aux fenêtres du bus pour pouvoir apercevoir la foule et se faire une idée de ce que nous allons affronter. Des drapeaux rouges partout, des chants lointains, une file impressionnante à l’entrée du bâtiment. Quelques uns d’entre-nous avons déjà connu cette montée d’adrénaline, vécue quelques jours à peine lors du rassemblement à la Bastille. On sait dores et déjà qu’on va vivre quelque chose de similaire ce soir. Les portes s’ouvrent devant nous et là …

13 000 personnes dans la salle, une foule impressionnante devant la salle. Un écran géant est installé à l’extérieur. Les quelques 7 000 malheureux et plus qui n’ont pu entrer dans la salle, suivent religieusement mais toujours avec la même ferveur, le déroulé de la soirée. Des petits clips (que je connais par cœur pour les avoir tous vu !), nous font patienter avant l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon, de Pierre Laurent et de Martine Billard. Je revois les yeux de Jean-Luc Mélenchon qui découvre comme nous cette foule spectaculaire. La salle pourtant gigantesque est débordante et les drapeaux rouges tapissent cette assemblée joyeuse, euphorique qui crie « Résistance, Résistance ! » Il est abasourdie et à juste titre ! Nous sommes beaucoup à nous dire que le Front de Gauche dépasse et de loin toutes nos espérances, que quelque chose de fabuleux est en train de naître et que rien ne pourra arrêter. C’est ce qui fera dire au candidat du Front de gauche en introduction : « La rivière est sortie de son lit, et, quoi qu’il arrive, elle n’y rentrera pas de sitôt ! »

Après l’excellent discours de Pierre Laurent, après l’intervention de Martine Billard, Jean-Luc Mélenchon a pris place à la tribune et durant 80 minutes, à un rythme jubilatoire, il a créé un immense moment d’éducation populaire. Après avoir rappelé une fois encore la bêtise des charognards de la haine, du clan Le Pen et de sa meute, il a démontré par la force de ses démonstrations et au travers de ce si spécifique talent d’orateur, que le profond changement dont nous sommes si nombreux à aspirer, c’est le Front de Gauche qui le porte et qui en sera le bâtisseur. C’est méthodique, c’est chiffré, c’est révolutionnaire ! L’humain d’abord, notre projet politique, c’est la réponse à la fatalité, c’est la réponse à celles et ceux qui espéraient mais qui ne votaient plus. C’est simplement le retour de la gauche !

Les belles personnes qui nous méprisaient, qui nous raillaient, ces chiens de garde de la presse, de la finance, de la bonne pensée qui n’avaient pour nous qu’insultes et mépris ne peuvent faire autrement que de reconnaitre qu’il se passe quelque chose dont ils n’imaginaient même pas l’existence possible. Eh oui les Barbier, Duflot, Fabius, Calvi, Pujadas, Parisot et tutti quanti !! Il faudra vous y faire, nous sommes en marche et nous ne sommes pas prêt de nous arrêter. Le vote utile a changé de camp, le volcan français va bientôt réveiller le vieux continent endormi.

G.S

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Mon intervention au conseil municipal lors du débat d’orientation budgétaire du 13 mars 2012.

(La syntaxe est imparfaite car il s’agit de la retranscription d’une intervention orale)

Monsieur le maire, je serai très court, tout simplement parce que nous partageons entièrement l’analyse que vous venez de nous faire ce soir et également celle qui est développée dans le rapport qui nous a été proposé par les services. Je tiens d’ailleurs une fois de plus, à souligner le travail remarquable qui est fait par nos services à chaque fois que nous entrons dans une phase d’analyse budgétaire, par la transparence et l’intelligence des rapports qui nous sont présentés, qui nous permet de travailler dans de bonnes conditions.

Pour revenir un petit peu sur le contexte, parce que finalement, ce rapport dresse essentiellement un contexte national et international, celui d’une crise. Plus globalement, ceux-là même qui sont à l’origine de la crise, parce que la crise ne vient pas de nulle part, la crise est le résultat de la financiarisation de l’économie et de la spéculation, ceux-là même qui sont responsables de cette crise économique mondiale nous disent qu’aujourd’hui nous n’avons pas d’autres choix que de nous serrer la ceinture et d’accepter que partout il n’y ait qu’une règle qui prévaut, c’est l’austérité. On le voit d’ailleurs avec le scandaleux traité européen qui est en train de se mettre en place, qui met en place le principe de la règle d’or où, eh bien finalement, on pointe du doigt la dépense publique sans jamais d’ailleurs parler des recettes. Il faudra, à un moment donné qu’on en parle  et on voit que les échéances électorales françaises nous permettent d’évoquer ces questions. Car oui, on fait face à une future, si vous me permettez l’expression, à une future guerre idéologique. Il y a les néolibéraux qui nous disent que nous n’avons pas d’autres choix que l’austérité, et il y en à d’autres, comme ici pour beaucoup dans cette salle, qui disent que non, il y a d’autres choix qui sont possibles, que l’austérité n’est pas le seul horizon viable et que d’autres logiques économiques peuvent être mises en place. Aujourd’hui, l’austérité c’est quoi, c’est ça, c’est la difficulté d’avoir recours à l’emprunt.

Les collectivités locales, qui sont pourtant le premier investisseur de notre pays, ont du mal à recourir à l’emprunt. Alors que je rappelle, très récemment la banque centrale européenne a prêté mille cent milliards d’euros au circuit bancaire. Je me demande bien où sont passés ces mille cent milliards. Je pense, j’émets l’hypothèse que ces mille cent milliards d’euros sont entrés dans un circuit spéculatif, et qu’ils ne servent absolument pas la création d’emploi, et le financement des projets que peuvent mener à bien les collectivités  territoriales. Voilà, il y a ces logiques là, vous les avez rappelées, nous ne les partageons pas et nous sommes prêts à vous accorder, monsieur le maire, qu’effectivement le budget, tout du moins les logiques qui nous sont présentées aujourd’hui, sont bien celles d’un budget de résistance. A ce titre et de manière très pragmatique, nous avons trois motifs de satisfaction.

La première, c’est la volonté, nous le saluons, de ne pas augmenter les taux d’imposition cette année encore. D’ailleurs les bases vont être relevées d’1,8% me semble t-il. Le choix de ne pas augmenter les taux est un choix salutaire. La deuxième chose, c’est la renégociation du prêt DEXIA, qui je pense, là aussi, est un motif de satisfaction pour l’ensemble des élus de ce conseil municipal. Le dernier point sur lequel nous voulons insister également, c’est la volonté de faire de cette année 2012, l’année de la citoyenneté, parce que je crois que, et c’est un problème bien plus politique et bien plus global, que la meilleure manière de lutter contre un phénomène qui est l’abstention, qui est un phénomène qui perdure et qui devient vraiment dramatique, c’est de recréer un lien de confiance entre les élus et leurs administrés. La meilleure manière à notre disposition aujourd’hui, justement pour recréer ce lien de confiance, c’est de rendre les citoyens responsables et de les faire travailler à nos côtés pour élaborer les politiques de demain, que ce soit nous ici, à l’échelle municipale, ou à d’autres échelles. Donc la citoyenneté, la volonté de développer les réunions publiques et d’aller plus loin encore dans ce dispositif de démocratie participative, doit être encouragée. Tout le monde se dit favorable à la démocratie participative, mais dans les faits je me rends compte que ce sont les municipalités marquées politiquement d’une certaine couleur pour ne pas dire le rouge qui pratiquent cette démarche politique novatrice et prometteuse. Nous nous félicitons qu’à Avion, depuis quelques temps, c’est un processus qui se met en place. Nous espérons vraiment que nous irons plus loin dans ces logiques.

Donc, voilà les motifs de satisfaction qui sont les nôtres. Je le répète, nous partageons pleinement l’analyse qui est faite ce soir et oui, nous espérons que le budget qui nous sera présenté à la fin du mois, ira dans ce sens là. Nous irions vers un budget de résistance face aux logiques économiques et politiques qui se développent aujourd’hui.

Débat Le Pen / Mélenchon : le masque est tombé !

Voilà ça y est c’est fait !! Le fameux débat (ou non débat selon les points de vue) entre Le Pen fille et le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon a eu lieu. Nous étions des milliers de camarades à l’attendre cette confrontation car dans nos esprits, elle devait être l’aboutissement d’un long travail de terrain, celui des militantes et militants du camp des héritiers de la résistance. Au quotidien, à la porte des entreprises, dans les quartiers populaires, à la sortie des lycées et universités, partout nous démasquons l’imposture politique, le poison démocratique, la bêtise politique , l’infâme politique du clan Le Pen.

 L’émission d’hier soir sur France 2, des paroles et des actes, devait nous permettre devant des millions de téléspectateurs de discréditer celle qui serait, d’après les biens pensants, la porte parole de la classe ouvrière, des laissés pour compte, des invisibles. Les quelques lignes dans la presse d’aujourd’hui, et les discussions que nous pouvons avoir les uns et les autres montrent qu’effectivement Jean Luc Mélenchon a ramené Le Pen fille à ce qu’elle est réellement : une imposture politique, une gesticulante marchante de haine et d’idiotie. Comme l’a rappelé le candidat du Front de Gauche hier soir : elle et son parti ne servent à rien, ni au premier ni au second tour, hormis la volonté de véhiculer de la haine, de la violence et du mépris.

 Le non-remboursement de l’avortement par la sécurité sociale sauf pour les femmes les plus riches, la suppression de l’aide médicale d’urgence en oubliant que les microbes n’ont pas de papiers et ne font d’ailleurs aucune différence entre « un bon français » et l’étranger qui serait responsable de tous les maux de la terre. Au conseil régional Nord Pas-de-Calais, là où elle siège avec ses amis, elle s’est opposée à la subvention régionale au secours populaire français, elle a refusé de soutenir un plan de mise au norme et de rénovation de l’habitat social sur le secteur d’Hénin-Carvin, elle a voté contre la mise en place du pass contraception pour les lycéens de la région. Nous pourrions multiplier les exemples démontrant l’imposture, le mépris envers les français les plus modestes. La réalité, c’est que nous sommes, nous les militantes et militants du PCF et du Front de Gauche en train de faire tomber le masque de l’imposture partout où nous le pouvons.

 Tout cela sans évoquer la décision de ne pas débattre avec Jean Luc Mélenchon. Oui un mot tout de même sur cette courageuse fuite de la dirigeante du parti de la haine. Cette stratégie, il paraît clair qu’elle était la plus mauvaise que pouvait emprunter Le Pen fille. Son petit numéro n’a convaincu strictement personne ou plutôt si, il nous a convaincu d’une chose : c’est que Le Pen fille est incapable de défendre l’indéfendable lorsqu’elle fait face à un homme intellectuellement et politiquement bien supérieur. Et déjà elle le démontre face à l’économiste de BFM, François Lenglet, qui n’a obtenu aucune réponse de l’épouvantail politique sur les questions économiques. Tout simplement parce que Le Pen fille ne maîtrise absolument pas ces sujets et que son programme n’en est en réalité pas un, les approximations laissant place bien souvent à l’aberration. Le ridicule de Le Pen fille et l’intransigeance de Jean Luc Mélenchon poussent même les spectateurs sur le plateau au fou-rire. On croit rêver et pourtant, le Front National se ridiculise en direct devant des millions de téléspectateurs.

 On peut donc tirer deux conclusions majeures de la « prestation » de Le Pen fille hier soir. La première, elle nous vient du débat avec Henri Guaino. La plume de Sarkozy a pu débattre 20 minutes avec l’invitée. L’intégralité de la discussion s’est faite autour de l’immigration vue comme un problème par le conseiller sarkozyste. Confrontation de chiffres, de méthodes pour au final tenter de délivrer un diplôme à celui ou celle qui est le plus à même à remplir les charters, à nier nos valeurs, à refermer la France sur elle-même. Le débat entre ces deux tristes personnages a été une preuve de plus (si il en fallait une) de la connivence entre l’UMP de Sarkozy et le FN de Le Pen fille. A l’image de ce basculement de toute la droite en Europe, Guaino a magistralement montré que la frontière entre son parti et celui de l’extrême droite était bien mince. La ligne rouge est pratiquement franchie. La copie devient plus originale que l’original lui-même.

 Venons-en maintenant au second enseignement de la soirée et nous l’avons largement évoqué déjà. Le Front National est une imposture politique et sociale. Elle n’a eu de cesse d’affirmer vouloir tout au long de l’émission défendre ses idées, son programme. Pourtant je suis incapable de citer ici une proposition concrète, expliquée, justifiée qu’aurait évoqué l’admiratrice de Brasillach. Quand France Télévision lui offre la possibilité de se confronter à quelqu’un qui l’a combat politiquement elle fuit le débat et elle se pose en victime d’un système dont elle est une des actrices de premier plan pourtant. Elle a choisi la plus mauvaise des postures en refusant le débat et l’argumentaire sur lequel elle se base pour justifier ce refus est aussi ridicule que ces petits numéros de femme importante. En réalité, elle savait très bien qu’elle ne ferait pas le poids face au seul opposant vraiment sérieux auquel elle se confronte dans cette présidentielle. Elle savait parfaitement que l’homme qui a répondu à l’invitation de France 2 pour se confronter à elle, a entre ses mains les arguments et la force politique capables de terrasser son infâme parti et ses nauséabondes idées. Elle savait en somme, que pas une seconde elle n’aurait pu résister contre le message de vérité et d’intelligence dont Jean Luc Mélenchon se fait le porte parole. Le masque est tombé, circulez il n’y a plus rien à voir !

 Je voudrais terminer ce petit billet par une simple remarque concernant le fade et pénible Franz Olivier Giesberg. Qui est-il pour affirmer en toute fin d’émission comme un quasi message messianique, que la France vit au-dessus de ses moyens, qu’une cure d’austérité pour un peuple c’est finalement pas si terrible pour peu qu’on se lance comme objectif de ressembler au formidable, au spectaculaire modèle allemand ? Oui il est beau le modèle allemand. Pas de salaire minimum, 2 millions de travailleurs allemands payés moins de 6 euros de l’heure, 20% des travailleurs allemands sont des travailleurs pauvres, pas de sécurité sociale, pas de système de retraite comme on peut l’entendre communément … Voilà ce qu’est le modèle allemand tant admiré par Giesberg. Si lui trouve cela comme étant un idéal, pas nous au Front de Gauche !!

G.S